\"CAMEROUN:L'ARTISTE BISSO SOLO PARLE DE SON NOUVEL ALBUM DE SA CARRIERE ET DES ARTISTES CAMEROUNAIS.\"

Des revelations inédites dans cette interview exclusive accordée à yaoundeinfos.com par ce chanteur à la voix unique.

Bonjour Bisso Solo tu viens de sortir un album peux-tu le présenter à nos lecteurs ?

Salut d’abord à tous mes fans, c’est un maxi single de deux titres, que j’ai sorti depuis début février 2014. Le titre de ce maxi single c’est « Ne me laisse pas ».Il s’agit de l’histoire de ces hommes qui abandonnent les femmes quand ils ont les moyens. Alors que quand ils sont dans la galère, quand ils n’ont encore rien ils sont ensemble, ils font des enfants avec des femmes. Et la femme parfois se sacrifie, elle laisse même ses petits projets par ce qu’elle veut satisfaire et faire plaisir à l’amour de sa vie. Mais lorsque la vie change, les choses marchent pour l’homme, celui-ci estime maintenant que celle la ne le mérite plus il va chercher une autre, comme on dit souvent, il va chercher les filles de bastos, voilà et puis la pauvre femme va se lamenter d’avoir tout laissé pour cet homme. C’est ça qui m’a inspiré, et j’ai donc composé le titre « Ne me laisse pas ».

Le deuxième titre c’est « écoute ton cœur », c’est dans le style de mon père spirituel Fam Ndzengue(De regretté mémoire), par ce que les gens m’ont demandé de faire une reprise de lui, j’ai réfléchi, et je me suis dit qu’il ya déjà beaucoup de reprises, alors je préfère faire une composition qui épouse mon style pour essayer de satisfaire ces fans là, et là dedans le message que je véhicule est d’écouter son cœur quand on veut faire quelque chose, par ce que beaucoup de gens ne savent pas qu’il faut toujours écouter son cœur. C'est-à-dire si tu as un voyage à faire, tu hésites, il faut l’annuler par ce que ton cœur ressent un danger. Alors si tu insistes à partir, quelque chose peux t’arriver…

C’est aussi pareil en amour…

Oui, effectivement c’est pareil en amour. Tu vis avec quelqu’un tu sens que ton cœur te dit non, alors tu arrêtes cette relation, car ce n’est pas un bon choix, ce n’est pas un bon chemin. C’est pour cela que j’ai composé la chanson « écoute ton cœur »

Tu as pris combien de temps pour composer cet album ?

Pour ce maxi single, j’ai pris presque un an pour le composer, pour préparer ces deux chansons, l’enregistrement avec mon équipe habituelle.

Ça va faire aujourd’hui combien d’albums pour Bisso solo ?

Aujourd’hui je suis à 13 albums par ce que j’ai commencé en 1994, avec la sortie de mon premier album. Nous sommes en 2014, ça fait 20 ans.

Qu’est ce qui t’a poussé à devenir chanteur Bisso solo ?

Déjà tout petit, j’aimais déjà la musique, à l’école primaire, au Lycée, je fais beaucoup dans la danse, j’étais dans les soirées culturelles, à l’occasion du fêtes du 11 février ou du 20 mai, j’étais dans presque tous les groupes de danse, de temps en temps j’étais dans les chorales, bref j’étais attiré partout où il y avait les sons des musiques, même au village quand il ya deuil, j’allais toujours m’assoir là où les papas jouaient au tamtam, quand il ya une fête j’allais toujours m’assoir là où on jouait au balafon, ce qui fait que , quand j’arrive dans la capitale, je n’allais pas dans les boites de nuit comme d’autres jeunes, mais plutôt dans les cabarets où les musiciens jouaient, j’y allais avec des amis, c’est comme ça qu’un jour l’orchestre qui jouait interprétait une chanson de Béti joseph que j’aimais beaucoup. Alors le chanteur n’arrivait pas à bien interpréter, ça m’a beaucoup frustré et comme on dit l’étoile ne se cache pas, le chef d’orchestre m’a repéré dans la salle, je ne sais pas comment il a fait, pour constater que ce garçon était frustré par la manière de chanter de son chanteur principal, il m’a interpellé, et m’a dit petit je sens que tu es touché, est ce que tu aimes cette chanson, peux tu la chanter ?j’ai dit oui, mais je suis pas musicien, je reprend la chanson quand elle joue sur la cassette ou à la radio. Il demande si je peux la jouer telle que ça joue sur la cassette, c’est comme ça qu’il va me présenter au public, même mes amis qui étaient avec moi étaient dépassés, ils ont dit on est arrivés ensemble, comment il se retrouve jeune chanteur. J’ai interprété la chanson, puis deux titres de Mbarga Soukous, « Essamba Essamba » et « long courrier », et puis comme c’était mes débuts, et j’ai perdu la voix toute de suite(il rit)et puis il m’a dit tu as du talent quand tu as le temps tu viens et on va t’encadrer, c’est comme ça que je suis allé deux ou trois fois, et puis le feu Fam Ndzengué m‘a vu et un matin il est arrivé à la maison, il a dit à mon beau frère et à ma grande sœur que ce garçon est un bon chanteur je vais m’occuper de lui, il faut qu’il soit avec moi. Il m’a encadré et plutard j’ai fait mon premier disque.

Alors justement en quelle année sort ton premier album?

Le premier album sort en 1994, en duo avec Opick Zoro, mes titres c’était Zamba Nkom bot, et chez Opick Zoro c’était ngambidéré, une production d’Ekegs qui est devenu lui-même artiste aujourd’hui.

Et quel est l’album qui a le plus marché dans ta carrière ?

J’ai connu beaucoup de succès dans au moins trois à quatre albums. Celui qui m’a le plus propulsé, c’est « appelez-moi pascal », que tout le monde a connu avec tout le succès qu’il a eu à carrossel, au Cameroun, celui qui m’a le plus ouvert les portes c’est « maladie du cœur » qui est arrivé quatre ans après, c’est celui là qui m’a permis de commencer à faire des tournées internationales. Celui qui m’a donné les prix c’est « Yi décembre » sorti en 2010, ça fait beaucoup d’albums dans le succès.

Aujourd’hui tu es un artiste épanoui, quand on voit ton cadre de vie. Tu as construit une jolie maison, tu roules carrosses etc., mais quand on voit comment d’autres artistes vivent dans la précarité, certains meurent dans la misère, on se demande quel est ton secret ?

Comme j’ai toujours dit dans les medias, au départ c’est de prendre ce qu’on fait au sérieux, prendre la musique comme un métier et se dire qu’on peut gagner sa vie grâce à la musique c’est la première idée qu’on se fait dans la tête, si on prend la musique comme un jeu, comme un moyen de se distraire, de boire ou de sauter les femmes, on ne va pas réussir. Donc il faut prendre la musique comme un métier comme tout le monde a son métier, on se dit je suis musicien et dans mon métier je dois construire ma vie. Là on va réussir, et le peu qu’on va gagner on saura gérer ce peu on saura l’épargner pour faire des réalisations, c’est ça mon secret, j’ai pris la musique comme un métier, j’ai dit pourquoi pas moi, pourquoi je ne peux pas être comme les autres, je ne peux pas faire ce que les autres n’arrivent pas à faire, qu’est ce qui ne va pas. Si certains artistes ne font rien c’est par ce que dans leur tête, la musique est un jeu, un moyen de distraction, ils sont contents d’être populaires, d’avoir les femmes de gauche à droite ,de boire de gauche à droite et pour eux tout se limite là, le succès et tout, mais après quand tu finis tout ça tu vas dormir où ? tu va te reposer où tu t’habilles comment tu portes quoi ?ou tu fais comment pour quitter de là où tu es, tu prends la moto ou le taxi etc., j’ai donc réfléchi à tout cela et j’ai dit ok, qu’est ce que je peux faire de mes revenus et comment je peux les épargner pour pouvoir faire quelque chose, et je crois qu’à partir de moi beaucoup ont changé, je crois que j’ai été le premier à construire, et après moi j’en connais plusieurs qui ont pu bâtir des maisons, Ange Ebogo, Patou Bass, feu Jp kaiti, Mvondo Roger etc., ils ont compris qu’en épargnant selon les petits gombos qu’on a, on peut faire quelque chose, il ne suffit pas d’avoir des millions pour bâtir, non non non, si tu as 100.000 par semaine, tu enlèves 50.000 chaque semaine, ça te fait un voyage de sable cette semaine, la semaine prochaine ça te fait 10 sacs de ciment ,ainsi de suite, c’est comme ça qu’on investit

On va se quitter quels sont tes projets ?

Actuellement c’est la promotion de ce maxi single qui est prioritaire, le clip est déjà tourné, il est en en plein réalisation. Des tournées sont programmées pour la fin de l’année.

Bisso Solo, merci de nous avoir reçus chez toi.

C’est moi qui te remercie, Ericien Pascal

Entretien avec Ericien Pascal.

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