\"CAMEROUN: LE MINISTRE ESSIMI MENYE ET LES 7,8 MILLIARDS DE FCFA DU PAD\"

Le démenti du Minfi.Dans un rapport adressé au chef de l’Etat, Alamine Ousmane Mey remet en cause les accusations de détournement formulées contre son prédécesseur et actuel ministre de l'Agriculture et du développement rural par la société Africa Shipping Cameroon S.A.

C’est un rebondissement imprévisible dans une affaire dont on savait cependant tous les écheveaux loin d’être démêlés.

Dans ce nouvel épisode qui vient de s’ouvrir, le ministre des Finances (Minfi) règle le solde de tout compte des accusations de détournement de 7,8 milliards FCFA, représentant les droits de magasinage au Port autonome de Douala (PAD), portées à l’encontre de son prédécesseur Essimi Menye, l’actuel ministre de l’Agriculture et du développement rural (Minader). Dans un rapport adressé au président de la République, Alamine Ousmane Mey sonne par ailleurs le glas des prétentions financières de l’accusateur du Minader, la société Africa Shipping Cameroun S.A.

L’éclairage du Minfi fait suite à une correspondance du ministre, secrétaire général de la présidence de la République datant du 02 août 2012, avec pour objet « Requête de la société Africa Shipping Cameroon S.A relative à l’affaire c/ la société Olam-cam et dénonciation de détournement de 7,8 milliards de FCFA ». Ferdinand Ngoh Ngoh, y instruit alors Alamine Ousmane Mey « pour la haute information du président de la République » de lui soumettre «un rapport circonstancié sur l’affaire susmentionnée».

Cette démarche est-elle consécutive à celle initiée quelques mois plus tôt par le ministre délégué à la présidence chargé du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe), objet d’une enquête parue dans notre édition du 07 mai 2014 et que nous reprenons ci-contre? Henri Eyebé Ayissi avait cru devoir solliciter le visa présidentiel aux fins de déployer une mission spéciale de vérification des accusations de détournement de 7,8 milliards FCFA, représentant les droits de magasinage, formulées par la société Africa Shipping Cameroon S.A.

Toujours est-il que trois semaines plus tard, le Minfi va livrer son rapport. Un document de deux pages, datant du 25 août 2012, dont l’hebdomadaire Essingan a obtenu copie. Alamine Ousmane Mey, dans ce document, écrit : «Mon département ministériel est constamment saisi depuis plusieurs années des mêmes requêtes par la société Africa Shipping Cameroun, malgré les réponses appropriées y afférentes et adressées aux hautes autorités gouvernementales ».

Le Minfi réitère qu’il s’agit d’un litige entre deux entreprises à capitaux privés. D’une part, Africa Shipping Cameroon S.A, de droit camerounais, et la multinationale indo-pakistanaise Olam Cam. S’agissant du montant de ses réclamations financières à Olam Cam, au titre des droits de magasinage, le Minfi relève que la société Africa Shipping Cameroon S.A fait preuve de mauvaise interprétation des textes réglementant la liquidation des droits de magasinage au PAD.

Convention du 04 avril 2002

Sur le rôle joué par son département ministériel, notamment du temps de son prédécesseur, Alamine Ousmane Mey explique que « le ministère des Finances, tutelle financière, a été saisi par la société Assa (Africa Shipping Cameroon S.A, ndlr) aux fins d’émettre un avis purement consultatif » du fait du transfèrement au PAD de la gestion du droit de magasinage, naguère dévolu au Minfi.

Et le rôle d’Essimi Menye? Le rapport Alamine Ousmane Mey fait état de ce qu’en son temps son prédécesseur avait déployé une mission de l’Inspection générale sur la place portuaire à Douala. C’était au mois de septembre 2008. L’ancien ministre des Finances avait présidé par la suite, en avril 2009, une réunion dans son cabinet regroupant tous les membres de la communauté portuaire.

A l’issue de cette réunion et au vu des conclusions de la mission envoyée au PAD, rapporte Alamine Mey, « il a été reconnu et validé que la liquidation actuelle des pénalités de magasinage au PAD dérive de la convention du 04 avril 2002 régissant les opérations de relevage de la sacherie dans l’enceinte du PAD ».

Le Minfi précise en outre que «cette convention initiée par le PAD fixe les nouvelles modalités de calcul de la taxe de magasinage. Elle étend le délai de franchise sur le riz à 90 jours et soumet la cargaison résiduelle en stationnement au tarif de 100 FCFA par jour et par tonne ».

Allégations infondées

Le rapport adressé au président de la République démontre que la société Africa Shipping Cameroon S.A se refuse à adosser ses réclamations financières sur la convention en vigueur. Un cadre réglementaire qui a pourtant bénéficié de l’adhésion de toute la communauté portuaire à laquelle cette société appartient. Face à cette charge, le Minfi croit savoir que « les accusations formulées contre le ministère des Finances sont dénuées de tout fondement et ne sauraient prospérer».

Le litige entre la société Africa Shipping Cameroon S.A et Olam Cam perdure depuis le magistère de Polycarpe Abah Abah aux Finances. Il n’a pas connu non plus d’épilogue sous Essimi Menye. Dans son rapport, Alamine Ousmane Mey en fait cas et conclut en disant qu’il prend à son compte « les recommandations formulées par mes prédécesseurs qui invitaient les deux parties à saisir la justice, le recouvrement et le paiement des droits querellés relevant du domaine privé ».

Le rapport du Minfi au chef de l’Etat jette une lumière crue sur cette affaire infestée de curiosités et de non-dits. Il apporte également quelque explication plausible relative au destin que Paul Biya a réservé à la demande du Consupe.

Marie Robert Eloundou

(Directeur de Publication du journal Essingan).

2 Replies to “CAMEROUN: LE MINISTRE ESSIMI MENYE ET LES 7,8 MILLIARDS DE FCFA DU PAD

  • figli
    figli
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    le quartier disait déjà k’essimi était éperviable. C’est comme-ca kon gate le nom des gens dans ce pays sans meme savoir de koi il retourne.

  • soa
    soa
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    Vraiment !

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