\"Les jeunes élèves...l'avenir du Cameroun.\"
Les jeunes élèves…l\’avenir du Cameroun.

Entre pré-scolarisation de la jeune fille et désintéressement d’un écolier à un destin de berger, portraits croisés de 2 enfants dans la cour de récréation d’une région de l’Extrême-Nord désormais soucieuse de surprendre ses délateurs.

Zakihé Sali n’a pas encore 4 ans révolus. Ce sera effectif en juillet 2015. Mais le directeur adjoint de l’école publique de Fossati, également célèbre sous le nom de Mébono, appellation du village, admet la jeune fille dans ses registres. Elle est encore âge pré-scolaire. L’inspecteur d’arrondissement de Moutourwaye en sera tout retourné. Pas question de la renvoyer à la maison.

Elle pourrait être exposée aux vieux démons tant dénoncés, en l’occurrence les mariages précoces et la négligence parentale. La fillette se prépare plutôt à vivre un destin honorable. Ses parents souhaitent la voir magistrate, professeur de lycée ou même d’université, médecin, ou ingénieur d’agriculture. Ils n’en ont pas le cursus exact en tête. Cependant, ils ont appris l’épopée d’une famille similaire dans un village voisin. Il s’agit de la réussite sociale d’une fille. Elle avait soustrait toute sa famille de la misère.

Le conteur du récit épique est le directeur adjoint ami de la famille depuis son affectation au village Mébono. D’eux, il a reçu un cabri, un sac d’arachide et de mil rouge et des fagots de bois, bref le meilleur de leur grenier. Le contact d’hospitalité les lie jusqu’à ce jour. L’enseignant leur avait alors fait part de ses rencontres antérieures avec une association dite Mutcare, partenaire local de l’UNICEF. La santé est davantage l’expertise de l’organisation en question. Seulement, des échanges informels entre Palouma Kouyané, directeur adjoint, avec ses responsables l’avaient marqué au jamais au sujet de la scolarisation de la jeune fille. Elle était à la fois gage de développement et promesse d’épanouissement, non seulement de la gent féminine, mais aussi et surtout de la communauté de manière plus globale même dans la région de l’Extrême-Nord. Aussi avait-il pris la décision de se lancer dans la cause de l’émancipation des filles. Il s’était fait une fixation sur une école, vraiment pas d’instruction, mais davantage de formation des Hommes. Le pédagogue a la chance d’avoir rencontré la majorité des parents. C’était lors de la tenue des réunions de l’Association des parents d’élèves et d’enseignants, APEE. La connaissance précise des 32 concessions de la contrée, le directeur adjoint l’a. Beaucoup de parents ne disposent toujours d’argent en espèces. Il fallait revoir la stratégie de paiement des 1000 francs de frais d’APEE. Une bonne corbeille d’ignames suffit souvent, selon des méthodes dites du troc. Quand il s’agit d’un porc, il est dépecé, vendu et le trop perçu est même remboursé à la famille propriétaire.

Autant la fillette lui procure déjà satisfaction, autant il a des doutes quant au maintien du nouvel écolier en classe. En effet, Clément Nyawé, lui aussi à peine 4 ans, dégage des allures d’un Monsieur. Il ne se fait aucun complexe à tenir son cartable de fortune. Mais la condition de l’école donne du souci au directeur adjoint. Un seul bâtiment est conforme aux exigences UNESCO. L’autre salle de classe constitue un réduit en matériels locaux. Ils amorcent déjà la phase de ruines. Ses piliers cèdent en même temps que les tables-bancs. Or, l’école publique, don du prêtre italien Danilo, expose les 118 garçons et 160 filles à la déscolarisation. Le directeur adjoint doigte davantage l’écolier Clément Nyawé. A cause des horizons dégagés, l’enfant a le regard le plus souvent rivé sur les bœufs qui broutent l’herbe non loin de leur école. Heureusement, l’enseignant perçoit cet égarement à temps. Il se donne le défi de plutôt le faire fixer le tableau noir. La ruse est d’en faire un homme, un vrai !

TMB à Maroua

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