\"Jean-Marc Bikoko:"Les travailleurs sont dans la précarité".\"
Jean-Marc Bikoko:\ »Les travailleurs sont dans la précarité\ ».

Cette étude présentée au public le 16 février 2015 à Yaoundé a été commanditée et pilotée par la Centrale Syndicale du Secteur Public(CSP) avec la collaboration d’ACAT-Littoral, le CCFD-Terre Solidaire et des organisations partenaires. Un plaidoyer sera bientôt mené pour interpeller les autorités gouvernementales et le patronat.

IL faut dire que cette étude a concerné 246 entreprises de 17 secteurs professionnels, principalement dans les secteurs des transports urbains, des banques et établissements financiers, du Commerce, de l’hôtellerie, du bâtiment et travaux publics. D’autres secteurs moins représentés dans l’échantillon comme la manutention portuaire et les transports routiers ont également participé à l’enquête.

Selon Jean-Marc Bikoko, le Président confédéral de la CSP, « la phase documentaire de cette étude s’est faite auprès des ministères en charge des questions du travail, des Institutions internationales, des organisations patronales et des syndicats des travailleurs ».Il ajoute que cette étude a permis entre autre de « collecter les différents instruments et ou outils juridiques nationaux et internationaux en vigueur au Cameroun sur les droits des travailleurs et d’analyser le dispositif législatif et réglementaire du Cameroun à la lumière des normes et textes internationaux. Ce qui a par ailleurs permis de relever de nombreuses incohérences et autres vides juridiques dans l’arsenal camerounais ».

Les résultats de cette étude montrent que les droits des travailleurs au sein des entreprises sont au centre d’une polémique qui oppose deux concepts managériaux que sont la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) et la REDH (Responsabilité des Entreprises en matière de Droits Humains). Deux concepts qui investissent un même champ à savoir l’entreprise mais avec deux postures juridico-politiques. Alors que pour La RSE , l’objectif est de promouvoir et institutionnaliser une économie socialement responsable et respectueuse aussi bien des droits que de la dignité humaine, la REDH, elle, fait des individus des sujets de droits, et un socle démocratiquement défini opposable aux entreprises coupables de violations et de manquements à leur devoir de diligence. L’étude révèle que « dans la pratique quotidienne au Cameroun où les conditions des travailleurs sont déplorables à tous les égards, les entreprises semblent avoir accordé la priorité à la RSE ». Ici la gestion des ressources humaines est reléguée au second plan, quand elle n’est pas tout simplement occultée. En fait selon les résultats de cette étude, « pendant que le traitement salarial et les droits fondamentaux des travailleurs sont bafoués, les entreprises investissent des sommes énormes dans la communication pour se doter d’une image citoyenne et stimuler l’attrait des investisseurs ».

Jean-Marc Bikoko a indiqué que cette étude lancée en 2011 montre que dans la plupart des cas les droits des travailleurs ne sont pas respectés. Et que les travailleurs vivent dans la précarité. Voilà pourquoi « nous allons lancer un plaidoyer dans les mois qui viennent » a déclaré le Président confédéral de la Centrale Syndicale du Secteur Public(CSP).

L’on a noté la présence à la cérémonie de présentation de cette étude de M.SEA Hervé du Bureau International du Travail(BIT) qui a prôné « l’unité d’action syndicale », de Jean-Marie Zambo Amougou, président de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Cameroun(CSTC), de Felix Ebole Bola du Syndicat National des Journalistes du Cameroun(SNJC) et de madame Isabelle Manimben de CCFD-Terre Solidaire.

Ericien Pascal Nguiamba.

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