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Docteur Armand Nghemkap,50 ans d\’âge.Tout heureux…

Médecin Urgentiste, Médecin des Hôpitaux et Praticien Hospitalier en France, le Docteur Armand NGHEMKAP fait partie de ces rares médecins teintés d\’humanisme et d\’un altruisme gratifiant qui font honneur à la diaspora camerounaise. Né le 12 mai 1965 à Yaoundé(Cameroun), il célèbre son cinquantenaire ce 12 mai 2015. Il s’est confié à la rédaction de yaoundeinfos.com à cœur ouvert dans cette interview édifiante.

Docteur, nos lecteurs aimeraient faire votre connaissance. Pouvez-vous d’abord nous parler de votre départ du Cameroun.

J\’ai quitté le Cameroun le 21 septembre 1985 pour la France afin d\’y poursuivre des Etudes de Médecine.

Pourquoi avez-vous fait le choix de la Médecine ?

Depuis ma tendre enfance, la Médecine a toujours été ma vocation. Mes parents qui sont aujourd\’hui décédés me racontaient que lorsque j\’avais 5 ans, je leur disais souvent que je voudrais être Docteur pour sauver le monde. Je vous avoue aujourd\’hui qu\’en grandissant, j\’ai très vite compris qu\’il m\’était difficile de sauver le monde et que j\’allais plutôt concentrer mon existence à « sauver des vies ». C\’est ce que je fais aujourd\’hui dans mon quotidien.

Vous ne sauvez pas que des vies…Vous êtes également très actif dans le domaine artistique, dans la communication et dans la promotion de la culture camerounaise.

La Médecine est ma vocation et la promotion culturelle et artistique ainsi que la communication sont mes passions. J\’ai de ce fait œuvré pendant plusieurs années à faire découvrir des jeunes talents camerounais comme Mpandé Star encore appelé l\’Enfant Terrible du Cameroun. J\’ai également beaucoup œuvré dans la mise sur orbite médiatique de l\’artiste camerounaise VIVIANE ETIENNE. Je soutiens actuellement des jeunes prodiges de la musique camerounaise comme BB SAKIS et ONE LOVE.

Qui est BB SAKIS ?

BB SAKIS est un jeune artiste dont j\’ai découvert la potentialité du talent artistique lors du festival KOMANE à Dschang. Il a un timbre vocal original et une identité musicale singulière. Je suis persuadé que les Camerounais vont vibrer sous ses tubes à l’unisson dans un avenir peu lointain.

Vous venez justement de participer au Festival Komane qui s’est tenu au Cameroun. Qu\’est-ce qu\’un médecin comme vous est venu faire dans une affaire de cinéma ?

J\’ai effectivement participé au Festival KOMANE qui s\’est déroulé au Cameroun dans la ville de Dschang du 12 au 14 février 2015. J\’y étais invité comme Membre du Jury de la Diaspora Camerounaise en Europe. Le Festival KOMANE est un Festival du moyen métrage des films de réalisation camerounaise. C\’est en fait un Festival qui a essentiellement pour but de faire du cinéma non pas seulement un outil de divertissement au Cameroun mais également un outil éducatif d\’où le mot “KOMANE” à savoir “ COMMENT EDUQUER PAR LE CINEMA “. Je pense pouvoir y apporter une positive contribution à travers mon expertise dans le domaine de l\’éducation sanitaire pour une « SANTE POUR TOUS »

Vous avez remporté un prix à ce festival. Comment un Docteur se retrouve primé à un festival de cinéma ?

Il m\’a été effectivement décerné le « PRIX SURPRISE du FESTIVAL KOMANE » à raison de toute ma contribution pour l\’émergence d\’une nouvelle forme de cinéma au Cameroun et notamment à travers mes propositions de partenariat pour un cinéma éducatif pour « Une SANTE POUR TOUS » à l\’horizon 2035. En fait, les Promoteurs du Festival KOMANE et l\’Association des Jeunes Acteurs du Cinéma Camerounais (AJACC) qui se sont beaucoup inspirés de mes chroniques santé dans la réalisation des films éducatifs pour la santé au Cameroun, ont tenu à m\’honorer par ce Prix.

Il se dit que les organisateurs de ce festival, vu votre implication et votre dynamisme vous auraient confié des fonctions de représentativité en Europe… Vous confirmez cette information ?

Je confirme bien l\’information. J\’ai été nommé lors de la cérémonie de clôture, « DELEGUE DU FESTIVAL KOMANE POUR LA DIASPORA ».

Quel est l’état de santé du cinéma Camerounais ?

Le Cinéma Camerounais se porte mal avec une absence de salle de cinéma sur l\’ensemble du territoire national. Toutefois, il subsiste des notes d\’espoir avec cette nouvelle orientation du cinéma camerounais et son volet éducatif pour une éducation pour la vie, une éducation pour la santé, une éducation pour le bien-être de tous. Ce bien-être de la société qui ne peut concourir qu\’à l\’émergence du Cameroun et des Camerounais. Un cinéma numérique en plein air est en train de se développer au Cameroun et ceci est un apport substantiel afin de pallier l\’absence de salles de cinéma digne de ce nom. Les films éducatifs peuvent être diffusés par ce biais et à moindre coût avec un impact certain sur la moralisation du public.

Quelle thérapie peut permettre à ce secteur de retrouver ses lettres de noblesse ?

Je viens de parler de l\’orientation du cinéma camerounais vers un cinéma éducatif et le développement du cinéma numérique en plein air. Ce sont pour moi les deux thérapies de choc, qui ont d\’ailleurs une synergie d\’action, qui permettront au Cinéma camerounais de retrouver ses lettres de noblesse.

Après avoir reçu la distinction de « CAURIS DE LA DIASPORA » lors des CAURIS DE L\’ESSENTIEL en 2013 à LIMBE, vous venez de recevoir la distinction de « MEILLEUR AMBASSADEUR DE LA DIASPORA » lors de la cérémonie des CAMER DIASPORA AWARDS qui s\’est tenue à Paris le 28 mars dernier. Que représentent pour vous toutes ces distinctions ?

Les CAURIS DE L\’ESSENTIEL avaient pour objectif de primer les 35 personnalités camerounaises qui œuvrent pour l\’émergence du Cameroun à l\’horizon 2035. CAMER DIAPORA AWARDS est une cérémonie de récompense de l\’excellence camerounaise. Ces différentes distinctions représentent pour moi la reconnaissance et la récompense eu égard aux combats que je mène depuis plus d\’une dizaine d\’années contre la mort subite des sportifs et pour la lutte contre les AVC au Cameroun. On peut y associer mon combat contre la psychose à virus Ebola au Cameroun avec la publication des Dix commandements pour la contrecarrer, les combats pour l\’information et la sensibilisation au Don de Moelle Osseuse et sur la problématique de l\’autisme via AUTIFAC (Autisme France Afrique Centrale).

En marge du festival de cinéma KOMANE, vous avez été reçu dans certains médias pour parler des AVC. Au cours des échanges avec la presse, avez-vous eu l\’impression que ce sujet est d\’une grande importance ?

Tout à fait. La couverture médiatique dont la thématique des AVC au Cameroun a bénéficiée lors de mon séjour au Cameroun prouve bien que ce sujet est d\’une grande importance médiatique. Et ceci d\’autant plus qu\’au terme de mes échanges avec les différents journalistes qui m\’ont fait l\’honneur de me recevoir dans leurs émissions, le constat était formel : C\’est l\’ignorance qui nous tue. L\’ignorance des facteurs de risque et des signes annonciateurs d\’un AVC, l\’ignorance du Tueur silencieux qui est désormais identifié au Cameroun. L\’Hypertension Artérielle (HTA) qui menace plus de 37 % des Camerounais.

Docteur, quelles sont les populations menacées par un AVC au Cameroun ?

Les AVC touchent désormais toutes les couches de la population et notamment les jeunes au Cameroun du fait de comportements hygiéno-diététiques déviants. Je viens de parler du Tueur silencieux à savoir l\’HTA qui touche désormais des personnes de plus en plus jeunes par excès de consommation de sel.

Lorsqu’on vous écoute, on a l’impression que vous voulez faire bouger les lignes. Vous avez certainement des ambitions politiques…

Je n\’ai aucune ambition politique. Mes différents combats sont d\’inspiration divine et ont essentiellement pour objectif d\’apporter ma modeste contribution pour l\’épanouissement et le bien-être du citoyen camerounais dans le domaine de la Santé. Un bien-être qui ne peut que concourir à l\’émergence du Cameroun. J\’ai tout simplement fait le constat que beaucoup de mes compatriotes meurent par ignorance. C\’est ce constat qui m\’a amené à créer le concept de la « SANTE EN SOIREE » qui est ma nouvelle vision de la prévention pour la santé afin de joindre désormais l\’utile à l\’agréable lors des soirées camerounaises de la Diaspora. C\’est cette nouvelle vision de la prévention pour la santé qui m\’a motivé à organiser le rassemblement de la diaspora camerounaise à paris le 4 avril dernier afin de lutter contre l\’ignorance, le déni, le tabou et la culpabilité qui entourent la problématique de l\’autisme en milieu africain.

Vous n\’avez aucune ambition politique mais vous êtes en définitive un poids lourd de l’humanitaire. Qu’est-ce qui vous fait courir ?

Ma crainte et ma foi en un être suprême : Dieu, le créateur du ciel et de la terre qui m\’a donné un destin hors du commun. Je ne suis ni millionnaire ni milliardaire, ni fils de.., ni héritier d\’aucune descendance historique. Mais je suis un homme épanoui et très heureux. Un homme qui a une vocation, une passion et des combats d\’inspiration divine. Je suis un homme de principe, rigoureux et méthodique, stratège et fin tacticien face à l\’adversité, humaniste et altruiste.

Docteur, vous déclarez que vous n\’êtes ni millionnaire, ni fils de.., ni héritier d\’aucune descendance historique, mais vous avez quand même acquis un château en France. Pourquoi ne pas vous contenter d\’une résidence pavillonnaire ?

La seule et grande richesse sur cette terre reste l\’homme mais l\’homme pour son épanouissement personnel doit savoir se faire plaisir dans sa vie quotidienne et acquérir de façon honnête, de façon morale les outils de son épanouissement. C\’est ce que j\’ai fait en me portant acquéreur de ma résidence principale que j\’ai baptisé « LE CHATEAU DE LA RENAISSANCE ».

Quels sont vos projets Docteur ?

J\’ai de gros chantiers actuellement dans le domaine associatif. Je soutiens l\’association AUTIFAC (Autisme France Afrique Centrale) présidée par Monsieur ENGO NSI Amos dans son projet de création d\’une maison d\’accueil et d\’information des familles d\’enfants autistes au Cameroun, ainsi que l\’association Santé Espoir qui œuvre pour la création au Cameroun d\’une complémentaire Santé basée sur la solidarité participative de notre diaspora. Les 29 et 30 mai 2015, je suis invité à Bruxelles par l\’association FOOT DE COEUR afin de participer à une conférence débat sur la problématique des maladies cardio-vasculaires et la mort subite chez les sportifs. Je vais également y donner une communication sur le thème « Mort subite des Sportifs : quelle prévention en 2015 ? ». Le 26 mai prochain, je devrais participer sur la Radio Internationale RFI à l\’émission Priorité Santé afin de parler de la problématique du Don de Moelle Osseuse dans les communautés africaines. Et dès mon retour d\’un voyage culturel en Chine du 9 au 17 juin prochain, je vais lancer dans la diaspora les préparatifs de la 2ème édition du Festival KOMANE de DSCHANG qui aura lieu du 4 au 6 février 2016.

Docteur, à 50 ans, vous avez su conserver une bonne mine et une bonne humeur avec une fraicheur physique fort enthousiasmante. Quel est votre secret ?

Je tiens à vous remercier en toute sincérité pour ces mots forts aimables vis à vis de ma modeste personne. Mon secret réside sur le simple fait que je me suis évertué pendant un demi-siècle à conserver un esprit saint dans un corps sain. C\’est pour cette raison que je place mon cinquantenaire sous le signe de la sagesse et du discernement. La sagesse et le discernement face aux tentations diaboliques qui détruisent l\’homme, l\’avilissent pour finir par l\’anéantir. Je demande au Seigneur Dieu le père de continuer à me préserver de ces tentations diaboliques et de continuer à veiller sur ma bonne santé comme il l\’a fait jusqu\’à présent.

Docteur Armand Nghemkap la Rédaction de yaoundeinfos.com vous remercie pour votre disponibilité et vous souhaite un joyeux et heureux cinquantenaire.

C\’est moi qui vous remercie et vous félicite pour votre professionnalisme et votre travail de valorisation de la culture camerounaise qui sont très appréciés dans la diaspora camerounaise.

Entretien avec Ericien Pascal Nguiamba

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