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 C’était ce mardi 5 janvier 2016 au Palais de l’Unité de Yaoundé.

Monsieur le Doyen du Corps diplomatique,

Mesdames et Messieurs les Membres du Corps diplomatique,

J’éprouve toujours un grand plaisir à vous accueillir en début d’année, dans le cadre de cette cérémonie solennelle de présentation de vœux. Il s’agit d’un moment important d’échange.

Je voudrais avant toute chose, Monsieur le Doyen du Corps diplomatique, vous remercier de tout cœur pour vos encouragements et vos propos aimables à l’endroit du Cameroun, votre pays d’accueil. Je reçois avec joie vos vœux pour mon pays, pour ma famille et pour moi-même.

Monsieur le Doyen du Corps diplomatique,

L’exacerbation du terrorisme, ainsi que le ralentissement de la croissance mondiale ont marqué l’année qui vient de s’achever.

Partant du Proche-Orient, une nébuleuse djihadiste s’est développée. Ses effets néfastes se sont étendus à d’autres régions, notamment en Afrique et en Europe.

Les exactions commises par l’Etat Islamique, en Syrie et en Irak notamment, ont provoqué une grande confusion dans cette partie du monde.

Pour tenter d’y mettre fin, une coalition internationale procède à des frappes aériennes visant à neutraliser l’Etat Islamique.

Le Cameroun soutient toute initiative de solution durable à cette situation. Tout compromis, pour être viable, doit intégrer les intérêts politiques et économiques légitimes des parties en présence.

Ces tensions persistantes en Syrie et en Irak compliquent tout règlement du différend israélo-palestinien.

En Libye, le retour à la normale se fait attendre. Notre souhait est qu’un gouvernement d’union nationale en accélère l’avènement.

Dans la zone sahélienne, les djihadistes sont toujours actifs au Mali. Les récents attentats de Bamako nous le rappellent.

Notre pays, vous en êtes tous témoins, est contraint, depuis près de deux ans, à une guerre contre la secte Boko Haram.

Cette nébuleuse terroriste, qui excipe de son allégeance à un Etat Islamique en Afrique de l’Ouest, a semé la mort et la désolation autour du Lac Tchad.

Le Cameroun a su résister avec fermeté à cette tentative de déstabilisation et de violation de son intégrité territoriale.

Notre armée, appuyée par le peuple mobilisé, n’a cédé aucun centimètre de notre territoire aux assaillants.

Bien mieux, elle leur a infligé, à maintes occasions, de cinglants revers au plan militaire : destruction de bases, récupération de nombreux équipements et matériels, libération d’otages, constitution de prisonniers, etc.

C’est ici l’occasion pour moi de remercier solennellement les pays amis qui, par leur soutien, nous manifestent leur solidarité dans cette lutte.

Mis à mal au front, le groupe terroriste Boko Haram semble s’être résigné pour le moment à la tactique abjecte des attentats-suicides.

Le Cameroun se réjouit de ce que la Force Multinationale Mixte soit désormais opérationnelle et active sur le terrain.

Bien au-delà du Proche-Orient et du sol africain, les activités meurtrières des terroristes djihadistes ont atteint l’Europe en 2015, faisant de nombreuses victimes…

Cette évolution vient conforter ceux qui ont plaidé, depuis le départ, pour une riposte globale à ce phénomène. Monsieur le Doyen du Corps diplomatique l’a rappelé tout à l’heure avec justesse.

Seule une action solidaire et déterminée de la communauté internationale peut venir à bout du terrorisme. Il nous faut mutualiser nos moyens de renseignement et nos efforts de combat.

Il est également important dans cette lutte, je pense, de trouver de bonnes réponses aux injustices et à la pauvreté qui font le lit du terrorisme.

Les Nations Unies et la communauté internationale devraient s’y atteler en priorité.

Une autre conséquence de la situation instable au Proche-Orient est le déplacement de centaines de milliers de réfugiés.

Cette migration, d’une ampleur inédite dans l’histoire moderne, met l’Union Européenne devant un dilemme : rester fidèle à ses idéaux humanistes en accueillant ces migrants, ou alors, les retenir à sa périphérie, voire, les renvoyer chez eux.

Sur cette question des migrants, une distinction est apparue récemment, entre les réfugiés de guerre, provenant du Proche-Orient, et les migrants dits économiques.

Les premiers seraient les bienvenus, tandis que les autres devraient être cantonnés en périphérie pour ensuite être renvoyés dans leurs pays de provenance.

Les solutions à cette difficile question devraient se conformer à la morale et aux valeurs d’humanité.

Ici encore, seule l’exigence de solidarité humaine peut conduire à des solutions raisonnables.

Sur le sol africain aussi, les conflits et les exactions terroristes provoquent d’importants mouvements migratoires. Le Cameroun, par exemple, s’est trouvé dans l’obligation d’accueillir plusieurs centaines de milliers de réfugiés, venus principalement de la République Centrafricaine et du Nigeria.

Devant un tel afflux de populations désemparées, il n’y a qu’un élan de solidarité humaine à offrir. L’on partage le peu dont on dispose, et l’on appelle à l’aide. L’essentiel c’est d’assumer son devoir d’humanité.

Mesdames et Messieurs les Membres du Corps diplomatique,

La sécurité est à juste titre un préalable existentiel pour tous les peuples. Il importe cependant de ne jamais oublier que seul le développement, qui est le nouveau nom de la paix, peut garantir la survie des nations.

Le monde d’aujourd’hui peine à réunir les conditions d’un tel développement solidaire.

La conjoncture économique internationale est, en effet, marquée par un ralentissement notable de la croissance mondiale.

Il en découle un recul de la performance économique des pays émergents, et aussi, un brutal coup d’arrêt à une décennie de bons résultats dans les pays en développement.

Les économies africaines sont particulièrement affaiblies ici, du fait de leur grande dépendance vis à vis du marché international des matières premières.

A l’inverse, les pays avancés connaissent un léger relèvement de leur croissance.

Ce basculement des zones de croissance est dû à la baisse drastique des cours des matières premières ; particulièrement du pétrole, mais pas seulement, toutes les autres matières premières étant affectées.

Pour garder la tête hors de l’eau dans un tel contexte, de nombreux pays en développement, dont le Cameroun, ont opté pour la diversification de l’économie. Ceci est malheureusement loin d’être une partie gagnée d’avance.

En effet, selon les perspectives économiques et financières internationales, la détérioration actuelle des termes de l’échange va se poursuivre.

Plus préoccupant encore est le durcissement progressif des conditions d’accès à certains financements internationaux.

Dans ces conditions, seule une authentique solidarité économique internationale donnera quelques chances à toute politique de diversification des économies.

Il en est de l’économie comme des autres grandes questions internationales de l’heure. La solidarité économique internationale devrait reposer sur deux piliers essentiels : la coprospérité et la coresponsabilité.

Avec ces principes, nous pourrons combattre la mondialisation de l’indifférence et construire réellement un monde de paix et de fraternité.

C’est au nom de cette solidarité, et conscient de notre communauté de destin, que nous nous sommes rendus à Paris, pour la 21ème Conférence des Parties sur le changement climatique.

La solidarité internationale s’y est exprimée de manière significative. Les 195 pays participants ont pris l’engagement de limiter le réchauffement de la planète.

A la COP21, le Cameroun a lancé un double appel pour le sauvetage du Lac Tchad et pour la préservation du bassin du Congo. Nous vous remercions, Monsieur le Doyen, de vous en être fait l’écho au nom des membres du Corps diplomatique.

Le Cameroun s’y est engagé, à réduire de 32 % ses émissions de gaz à effet de serre.

Ceci nous conduira à revoir certains aspects de notre schéma de développement.

Une telle révision appelle des financements importants et des transferts de technologies majeures. Il s’agit là d’un champ d’expression supplémentaire de la nouvelle solidarité.

A cet égard, nous voulons saluer la promesse, à Paris, des pays industrialisés. Ils ont en effet renouvelé leur engagement d’accorder aux pays en développement une dotation de 100 milliards de dollars chaque année.

Il s’agit là d’un pas important vers la solution d’un problème qui met en cause la survie de l’espèce humaine.

L’Organisation des Nations Unies cristallise l’ambition des peuples de construire ensemble une paix durable, fondée sur une prospérité partagée, une solidarité effective, et le respect des valeurs d’humanité.

Tel est le sens, à la fois, de ce nouvel engagement pour la paix et du nouvel agenda du développement durable adoptés à New York, en septembre 2015, lors des célébrations du 70ème anniversaire de l’Organisation des Nations Unies.

Monsieur le Doyen du Corps diplomatique,

Mesdames, Messieurs les Membres du Corps diplomatique,

Je voudrais maintenant vous prier de bien vouloir transmettre aux hautes autorités que vous représentez si dignement ici nos voeux les meilleurs pour l’année nouvelle.

A vous-mêmes, à vos collaborateurs et à vos familles, j’adresse mes souhaits les plus sincères de bonheur, de santé et de succès pour l’année 2016.

Vive la coopération internationale !

Vive le Cameroun !

Je vous remercie de votre aimable attention

 

 

 

 

 

 

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