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Médecin des Hôpitaux en France dans la spécialité de la médecine d\’Urgence, figure emblématique de la diaspora camerounaise, promoteur de « CLINIC C », la première série télévisée camerounaise sur la santé, le Docteur Armand NGHEMKAP prépare activement la 2ème édition du Festival KOMANE qui aura lieu du 4 au 6 février 2016 dans la ville de Dschang au Cameroun. La rédaction de yaoundeinfo.com a recueilli son avis sur cette première série camerounaise sur la santé.

Vous vous envolerez bientôt pour le Cameroun afin de participer à la 2ème édition du Festival éducatif et culturel KOMANE qui aura lieu dans la ville de Dschang à l\’Ouest du Cameroun du 4 au 6 février prochain et dont vous êtes le délégué chargé de la diaspora. Au cours d\’une conférence sur le thème «  Cinéma et émergence du Cameroun par l\’éducation pour la santé », le 17 septembre 2015 à l\’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang, vous avez lancé le tournage de CLINIC C, qui est la première série camerounaise sur la santé. Docteur, le cinéma camerounais se meurt. Comment le sauver ?

Effectivement, le cinéma au Cameroun se meurt avec une absence totale de salle de projection cinématographique alors que le cinéma est un outil de développement indispensable pour l\’émergence des nations. Aussi, alors que vers les années 70-90, période glorieuse du cinéma camerounais, on comptait pas moins de 110 salles de cinéma sur l\’étendue du territoire, de nos jours on ne compte plus aucune salle de cinéma fonctionnelle. Il faut dire que la disparition du FODIC (FOnds du Developpement de l\’Industrie Cinématographique) qui soutenait le cinéma camerounais par des financements directs et par le biais d\’une billetterie organisée et contrôlée ainsi que la disparition des subventions institutionnelles venant des pays occidentaux et notamment de la coopération française a fini par achever les ambitions glorieuses du cinéma camerounais. Je pense pour ma part qu\’il faut réfléchir à un nouveau modèle de cinéma camerounais et s\’orienter vers un cinéma éducatif et notamment éducatif pour la santé. Ainsi, la prolifération des vidéos clubs, des cinés clubs et des chaines de télévision qui ont été un handicap dans l\’épanouissement des cinéastes camerounais dans les années 90 va plutôt être un atout dans la diffusion de leurs œuvres cinématographiques.

Est-ce pour cette raison que vous êtes producteur exécutif de CLINIC C, la première série camerounaise sur la santé ?

CLINIC C est ma vision éducative du cinéma camerounais car CLINIC C permet de sensibiliser les camerounais sur le fait que « en matière de santé, prévenir vaut mieux que guérir ». Ainsi à travers CLINIC C, les Camerounais comprendront très vite que très souvent, le meilleur traitement est la prévention.

Lors de la conférence de lancement de CLINIC C, vous avez rappelé ses objectifs qui sont d\’informer, sensibiliser, éduquer et prévenir le grand public sur les problèmes de santé publique qui ruinent la société. Docteur, qu\’est-ce qui vous fait croire que les Camerounais prendront de leur temps pour regarder une série qui parle de la santé?

La santé est le bien le plus précieux pour l\’humanité. De ce fait, nul ne doit négliger sa santé. Si jusqu\’à présent, certaines personnes négligent leur santé, c\’est tout simplement par ignorance. CLINIC C permet de combattre cette ignorance dans le domaine de la santé en éveillant les consciences, en informant sur les signes d\’alerte des maladies afin que les Camerounais se prennent en charge précocement, et aussi afin qu\’ils connaissent les facteurs de risque des maladies, ce qui est pour moi le meilleur moyen de les sensibiliser au dépistage précoce. Par ailleurs, le cinéma au Cameroun doit cesser d\’être un outil d\’aliénation et de déviance morale. Il ne doit plus être considéré seulement comme un outil de divertissement. Il doit désormais également être un outil culturel et éducatif pour la santé. Le principe de base dans CLINIC C est de présenter le malade dans son vécu naturel au quotidien afin que son arrivée à l\’hôpital soit un moment unique de sensibilisation, d\’éducation pour la santé et de prévention. Je pense que cette approche éducative pour la santé qui associe divertissement et éducation des masses par le biais d\’un feuilleton télévisé va émouvoir beaucoup de Camerounais et les amener à regarder les 52 épisodes de cette première série camerounaise sur la santé.

Parlant des AVC qui, nous le savons, est votre cheval de bataille. Selon vous, comment soigner les AVC à travers le cinéma ?

Vous posez là une excellente question. Le premier épisode de CLINIC C s\’intitule « LE TUEUR SILENCIEUX » et est consacré à la problématique des AVC au Cameroun. «  LE TUEUR SILENCIEUX » s\’inspire d\’une histoire réelle et originale que j\’ai personnellement vécue et dont je suis l\’auteur. Tout téléspectateur qui regardera cet épisode qui sera diffusé en première mondiale le 4 février prochain lors de la soirée d\’ouverture du festival KOMANE de Dschang aura la réponse à cette belle question.

En tant que promoteur et producteur exécutif de CLINIC C, cette première série camerounaise sur la santé. Peut-on savoir sa date de diffusion sur les chaines de télévision camerounaise ?

CLINIC C est une série de 52 épisodes de 26 mn. C\’est une série sur la santé qui a essentiellement pour objectif d\’informer, de sensibiliser et de prévenir sur les problèmes de santé publique qui ruinent la société. Les épisodes s\’inspirent des nombreuses chroniques santé que je rédige depuis 2003. C\’est ainsi que les thématiques qui ont déjà été tournées concernent les AVC, la Mort Subite des Sportifs, les gestes qui sauvent en cas d\’Accident de la circulation et bien d\’autres. Le début des diffusions est prévu en septembre 2016 si nous avons trouvé d\’ici là, un diffuseur et un annonceur pour nous soutenir dans cette belle aventure cinématographique pour le bien-être de tous par l\’éducation pour la santé à travers le cinéma. Les portes restent naturellement ouvertes aux mécènes privés et autres généreux contributeurs et partenaires qui devraient trouver par le biais des diffusions de CLINIC C une visibilité gratifiante.

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Quel intérêt le médecin que vous êtes a-t-il de se retrouver dans une production cinématographique ?

J\’ai entendu dire que mon engagement associatif, caritatif et même cinématographique cachait des ambitions politiques. Je tiens à rappeler ici que je n\’ai aucune ambition politique. Mes différents engagements y compris dans le cinéma à travers CLINIC C sont essentiellement motivés par le fait que j\’ai envie d\’apporter ma modeste contribution pour l\’émergence et le developpement durable du Cameroun. J\’ai tenu à apporter cette contribution par le biais d\’une production cinématographique du fait que j\’ai eu l\’opportunité de rencontrer lors de la première édition du festival KOMANE où j\’étais invité comme membre du jury de la diaspora camerounaise, des acteurs de talent, des réalisateurs et scénaristes pétris de talent. J\’ai proposé à ces jeunes talents du milieu cinématographique camerounais de mettre en pratique un projet fort audacieux et ambitieux qui me tenais à cœur depuis plusieurs années à savoir la production d\’une série camerounaise sur la santé à partir d\’histoires originales dont j\’ai été témoin dans mon expérience professionnelle de plus de 25 ans de pratique en médecine d\’Urgence.

CLINIC C est une série de 52 épisodes. Que doit-on retenir des thèmes des épisodes de cette grosse production télévisée?

Nous avons déjà tourné plusieurs épisodes dont «  LE TUEUR SILENCIEUX » conscré aux AVC qui est le thème du 1er épisode. « PAS DE PANIQUE » qui explore la problématique du saignement du nez chez l\’enfant et la panique qui s\’empare très souvent des parents. « LE MAL DU 12 » le 3ème épisode de CLINIC C sensibilise sur les dangers des médicaments de la rue. « LES GESTES QUI SAUVENT » consacrés aux accidents de la circulation routière. « LA MANOEUVRE DE HEIMLICH » qui nous permet de faire connaître ce geste salvateur face à toute personne qui s\’étouffe au cours d\’un repas et qui risque de perdre sa vie si les témoins présents ne pratiquent pas ce geste. Je peux aussi citer « KAMER MOUNA FOOT » qui sensibilise sur les dix commandements du sportif à connaître afin d\’éviter une mort subite du sportif. Il y a plein d\’autres épisodes qui ont déjà été tournés ou qui seront tournés mais je ne peux tous les énumérer dans cette interview.

Pourquoi avoir privilégié ces thèmes dans vos premiers épisodes ?

CLINIC C a surtout une mission de santé publique et n\’aura véritablement atteint ses objectifs que lorsqu\’elle aura provoqué au Cameroun une inversion de la courbe des indicateurs de santé que sont le taux de mortalité et l\’espérance de vie des Camerounais. Le taux de mortalité au Cameroun est très élevé et l\’espérance de vie des Camerounais atteint à peine 55 ans alors qu\’elle se situe entre 80 et 85 ans en France. Les thèmes choisis pour la diffusion des premiers épisodes de CLINIC C abordent les grands problèmes de santé publique qui minent l\’épanouissement des Camerounais et leur traitement nous permettra de sauver énormément de vies humaines.

Dans le premier épisode de CLINIC C intitulé « LE TUEUR SILENCIEUX », vous abordez la problématique de la lutte contre les AVC au Cameroun. Docteur, pourquoi appelez-vous les AVC « TUEURS SILENCIEUX »?

Les AVC ou Attaques cérébrales sont qualifiés de « TUEURS SILENCIEUX » dans CLINIC C tout simplement parce que ce sont des accidents qui peuvent survenir à tout moment et vous foudroyer par surprise alors que vous aviez des prémices de cette attaque cérébrale en vous mais vous ne le saviez pas. Pour me résumer, un AVC survient comme un coup de tonnerre dans un ciel serein mais très souvent il est précédé de signes d\’alerte ou signes annonciateurs et de facteurs de risque qui vous exposent à sa survenue. C\’est l\’ignorance de ces facteurs de risque et des signes d\’alerte d\’AVC qui nous démunit face à la survenue d\’une attaque cérébrale par AVC et qui nous tue.

Vous venez d\’être auréolé du « Grand Prix de Médecine » lors de la première édition de la cérémonie de récompense de l\’excellence africaine intitulée « Diaspora Leardership Awards ». Quelle est votre dernière découverte scientifique en matière de santé ?

Je suis un médecin clinicien et je ne fais pas de recherche bio-médicale. Toutefois, j\’ai fait le constat en trente année de pratique médicale que pour sauver des vies au quotidien par le biais de la santé, on a pas besoin d\’une révolution technologique, on a beaucoup plus besoin d\’outils d\’information, de communication, de sensibilisation et de prévention de la santé pour le bien-être de tous. C\’est en ce sens que j\’ai lancé les concepts « LA SANTE EN SOIREE » dans la diaspora camerounaise et la série télévisée CLINIC C au Cameroun. En effet, les maladies rares qui sont parfois très médiatisées, ne sont pas les maladies qui nous concernent au quotidien. Par contre, des pathologies comme l\’HTA qui touche 4 millions de camerounais soit un quart de la population camerounaise demeure dans l\’ignorance et il me paraît urgent de faire quelque chose pour ces personnes qui sont en danger immédiat d\’AVC d\’autant plus que près de la moitié de ces personnes ignorent très souvent qu\’elles souffrent de cette maladie.

En guise de conclusion de cette interview, avez-vous un message à l\’endroit de nos lecteurs?

En guise de conclusion, je demande aux lecteurs de bien écouter les messages de prévention qui seront véhiculés dans les différents épisodes de CLINIC C et de les relayer dans leur entourage familial, amical et professionnel. Ils pourront ainsi « SAUVER DES VIES » car la santé est le bien le plus précieux pour l\’humanité, prévenir vaut mieux que guérir et sauver une vie est le meilleur don que l\’on puisse offrir à son prochain. Le cinéma, ce 7ème art, loin des comportements déviants, doit enfin réconcilier le grand public camerounais à une culture éducative pour la santé.

Docteur, la rédaction de yaoundeinfo.com vous remercie pour votre disponibilité.

 

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