Deux mois après son retour d’exil, qui aura duré dix ans, Mohamed Ould Bouamatou doit déjà répondre à l’appel de ses concitoyens. Nombreux sont ceux qui souhaitent le voir créer son parti pour une implication réelle dans la vie politique de la Mauritanie. Pourtant, en juin 2019, le banquier avait clairement expliqué qu’il ne fallait pas mélanger politique et affaires. Franchira-t-il enfin le pas, lui le grand défenseur de la démocratie et des droits de l’Homme ?

Après dix années d’exil, Mohamed Ould Bouamatou est rentré au pays natal le 11 mars dernier, grâce à l’abandon des poursuites judiciaires contre lui par le nouveau pouvoir de Ghazouani. Le 11 mai 2020, le juge d’instruction du tribunal de Nouakchott-Ouest avait également prononcé un non-lieu en faveur du banquier mauritanien et plusieurs de ses compatriotes dans l’affaire de corruption présumée en 2017. Bouamatou est donc définitivement libre ! À présent, de nombreux Mauritaniens aimeraient le voir s’impliquer plus directement dans la vie politique de son pays. Ils souhaitent que le milliardaire créé son parti ou au moins qu’il se présente à la prochaine présidentielle en indépendant. Pourquoi un tel appel ?

Un philanthrope et un militant des droits de l’Homme

Le peuple mauritanien estime que Bouamatou a l’étoffe d’un président de la République car il a une vision, il est instruit et généreux. Généreux parce que le milliardaire s’est d’abord fait connaître par sa philanthropie. Dès 2000, il a fait construire l’hôpital ophtalmologique Bouamatou à Nouakchott. Cet établissement offre des soins gratuits de la cataracte à des milliers de patients venus de l’Afrique de l’ouest. En 2015, il a créé la Fondation pour l’égalité des chances en Afrique qui soutient tout projet dans le domaine de l’éducation, la justice, la santé, la culture ou encore de la transparence de la vie publique. C’est ce combat en faveur de la démocratie et des libertés individuelles qui lui a valu l’exil sous le régime de son cousin Mohamed Ould Abdel Aziz.

Dès son retour au pays en mars 2020, Bouamatou a pourtant apporté son aide à la lutte contre la pandémie du coronavirus en faisant un don d’un milliard d’ouguiyas (8 millions de dollars). Il a aussi appelé à la mobilisation générale des patrons mauritaniens à travers une tribune mémorable.

Un important investisseur en Mauritanie

Bouamatou, qui se trouve à la tête d’un empire financier (le groupe BSA), a en outre investi dans presque tous les secteurs d’activité en Mauritanie. Citons notamment la banque, la téléphonie, les assurances, la pêche, l’agroalimentaire, les mines et la construction. Il est donc totalement impliqué dans le développement économique de son pays et l’amélioration de la vie de ses concitoyens. C’est pourquoi, certaines voix s’élèvent maintenant pour lui demander de se lancer plus directement dans la politique.

« Ou on fait des affaires ou on fait la politique »

Mais l’homme d’affaires veut rester ce philanthrope et ce combattant désintéressé de la démocratie. Invité par la Fondation Mo Ibrahim en mai 2019, Bouamatou avait justement préconisé de ne pas mélanger « affaires et politique ». Une prise de position forte qui avait suscité de nombreux commentaires. « Au lieu de faire des entreprises, les gens cherchent le pouvoir pour s’enrichir (…) Ou on fait des affaires ou on fait la politique. On ne fait pas les deux et on ne fait pas l’un pour avoir les deux », avait déclaré le riche banquier.

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