Cameroun-France : Ecarté de l’organisation d’un Symposium, le Docteur Armand NGHEMKAP déballe tout

Cameroun-France : Ecarté de l’organisation d’un Symposium, le Docteur Armand NGHEMKAP déballe tout

- in A La Une, Santé
2848
0
Docteur-ARMAND-NGHEMKAP
Docteur Armand Nghemkap,

Dans une interview exclusive accordée à yaoundeinfo.com, ce médecin urgentiste, parle de son exclusion de l’organisation du Symposium qu’organisent les médecins camerounais de la diaspora.Abus, manquements,  trahisons, incompréhension, des fais graves que le Docteur Armand Nghemkap dénonce et décrie dans cet entretien…

Docteur Armand Nghemkap, nous venons d’apprendre que vous avez été scandaleusement évincé du comité d’organisation du symposium qu’organisent les médecins camerounais de la diaspora. C’est pourtant vous qui en étiez le chargé de communication. Que s’est-il passé ?

 Je confirme l’information. En effet, en parcourant le site l’autre jour, j’ai eu la surprise de constater que mon nom ne figurait plus parmi les membres du bureau organisateur. Je me suis dit que j’étais peut-être victime d’un coup de fatigue passagère qui m’obstruait la vue. Le lendemain, lorsque j’ai voulu à nouveau le consulter pour voir plus clair, c’est alors que je me suis rendu compte que le bureau avait été purement et simplement effacé, comme si l’on craignait que les gens ne se posent des questions. Mais, entre-temps, plusieurs coups de fils intrigués, indignés et scandalisés des personnalités que j’avais contactées, et qui s’étaient montrées très intéressées m’étaient parvenus des quatre coins du monde. C’est alors que je me rendis à l’évidence que j’avais été, comme vous le dites si bien, « scandaleusement évincé » de l’organisation du 1er symposium médical de la diaspora médicale camerounaise de France. Comme vous pouvez le constater, on n’a même pas eu la courtoisie de m’en informer personnellement !…

Il y a plus grave : on vous aurait même rayé de la liste des intervenants… N’est-ce pas le comble de l’injustice? Qu’est-ce qui, d’après vous, a pu motiver de telles décisions de la part du comité d’organisation ?

C’est à eux qu’il faudrait poser la question !

Qui ça, « eux » ?…

Le comité d’organisation, pardi ! Comme je vous le disais tantôt, c’est par hasard que j’ai découvert, en visitant le site de l’association www.medcamfrance.fr, que non seulement j’avais été éjecté du bureau de l’organisation, mais encore que toute ma communication avait disparue,  et que figurait à la place un autre programme du symposium d’où j’avais été exclu comme modérateur de la session sur la prise en charge des AVC au Cameroun. Le Dr KENMOGNE Dieudonné qui est le Président de MedCam France m’a alors expliqué que cette décision était motivée par les pressions qu’il subit de la part du Dr SANDJON Guy, Président de l’ ONMC ( Ordre National des Médecins du Cameroun ) qui m’aurait dans son collimateur,  et qui n’apprécierait pas du tout mes actions en matière de communication qui, pour lui,  seraient trop individuelles, comme si je lorgnais son poste au pays,  ou comme si je serais en train de briguer le poste de ministre de la santé par le biais de ce symposium. Ce qui est grave, c’est que ceci m’a été confirmé par le Dr NKANA Thomas, chargé de mission dans MedCam France. Ce qui est fort regrettable pour un symposium qui avait pour principal objectif d’être une plateforme de rencontre de tous les médecins camerounais, afin d’échanger et de mettre en commun leurs expériences de terrain pour voir comment relever les défis sanitaires auxquels sont confrontés les camerounais. Du coup, cette initiative fort louable, à savoir le rassemblement des médecins camerounais de la diaspora, apparaît dès lors comme un avorton mort-né…

Dites, nous, Docteur, comment est née cette initiative ?

Je rappelle que ce symposium est de mon initiative. C’est moi qui l’ai pensé, conçu et élaboré. En effet, en septembre 2016, le Dr KENMOGNE que je ne connaissais pas du tout, a fait le déplacement à SOISSONS pour me rencontrer et me parler de l’existence de l’association MedCam France que je ne connaissais pas du tout non plus. Il déclare que je suis le médecin camerounais le plus actif de la diaspora et il souhaite que j’intègre le bureau de l’association MedCam France qui existe depuis 3 ans déjà, mais qui souffre d’un manque crucial de visibilité. C’est alors que je lui suggère que pour donner de la visibilité à l’association, il faut organiser une grande rencontre de la diaspora médicale camerounaise. En outre, je précise que pour sa légitimité, cette rencontre doit avoir le soutien institutionnel de l’Ambassadeur du Cameroun en France et avoir la caution de l’Ordre National des Médecins du Cameroun. C’est ainsi que le rendez-vous est pris pour le 26 octobre 2016 à 15H00 avec l’Ambassadeur pour lui présenter ce projet de 1er symposium médical. S.E.M Samuel MVONDO AYOLO valide de principe le projet, et je me mets au travail pour une stratégie de communication nationale et internationale.

Soyons clair, Docteur : vous serait-il reproché quelque malversation financière dans la gestion du budget mis à votre disposition pour la vaste campagne de communication que vous avez eu à mener dans les médias nationaux et internationaux. On sait que c’est un sport national très prisé par les élites de nos républiques bananières…

(Rires)…Pour réaliser cette vaste campagne de communication comme vous le dites si bien, que ce soit à la CRTV, EQUINOXE TV, LA NOUVELLE EXPRESSION, LE MESSAGER, VOA AFRIQUE, RADIO MEDI1, CAMER.BE, CAMEROON-INFO, YAOUNDE INFO, RADIO JC6-6, RTS, AFRICA N°1, SOPIEPROD, JMTV+, Journal EKILAFRICA, RADIO BESANCON, Journal le JEUNE ENTREPRENEUR et j’en passe… Je n’ai eu aucun budget mis à ma disposition par l’association MedCam France. Eux-mêmes peuvent vous le confirmer…

Que comptez-vous faire à présent?

 Comme une mère dont on a volé le bébé – comme cela arrive fréquemment dans nos hôpitaux au pays ces jours-ci (rires) – je veux crier ma douleur, afin que le monde entier sache la vérité. Je ne suis pas un «  HOMME KLEENEX », dont on se sert pour se moucher, et qu’on jette ensuite à la poubelle. Ceux qui l’ont cru se sont lourdement trompés. Je tiens aussi à rassurer tous ceux qui se sont inquiétés pour leur poste du fait de ma communication qu’ils se sont trompés. Je n’ai aucune ambition politique, et il n’est nullement dans mes intentions de briguer quelque poste que ce soit, ni au sein du conseil de l’ordre, ni au sein du gouvernement, quand bien même mes compétences et mes talents feraient de moi un profil idéal. Je suis un médecin qui mène des combats de façon altruiste et philanthropique. Rien ne pourra m’arrêter, car mes combats et ma force sont d’inspiration divine. Je vais poursuivre mon combat avec un engagement plus accru encore, comme je le fais depuis 2003 dans la lutte contre la mort subite des sportifs partout dans le monde, et depuis 2010 dans la lutte contre les AVC au Cameroun. Je continuerai à soutenir de justes et nobles causes comme le Don de Moelle osseuse qui permet de sauver des malades atteints d’une maladie sanguine grave et la croisade contre l’autisme. Je souhaite également m’engager énergiquement auprès de la chanteuse Natasha BIZO, qui souffre actuellement de cancer, et qui a fait de l’éradication de ce fléau son cheval de bataille. Pour terminer, j’ai un rêve pour le Cameroun. Ce rêve, c’est de voir l’espérance de vie des Camerounais, qui est à peine de 55 ans aujourd’hui, franchir la barre des 65 ans, comme c’est le cas au Sénégal à l’heure actuelle. Nous parviendrons à réaliser ce rêve lorsque nous aurons réussi à abaisser le nombre de morts par AVC au Cameroun sous le seuil de 10000 décès par an. C’est dommage que pour des raisons inavouées, ce symposium ne pourra pas atteindre ce 2ème objectif qui me paraît fondamental pour le bien-être sanitaire des Camerounais.

Quel est votre sentiment en ce moment ?

Je me sens un peu comme Icare, ce héros de la mythologie grecque qui, au temps où le feu était l’apanage des seuls dieux, avait rêvé d’aller en voler au ciel pour le rapporter aux hommes sur la terre. A cet effet, il s’était fabriqué des ailes de cire qui, malheureusement, à l’approche du soleil, fondirent complètement et il fut précipité au fond de la mer où il périt. Sauf qu’ici, les dieux ont mis débonnairement leur feu à ma disposition (ce qui m’a permis, grâce à Dieu, de réaliser de véritables miracles, comme celui de ramener tout récemment à la vie dans l’hôpital de Soissons où je travaille, un patient comateux avec 29 de tension – oui, monsieur le journaliste, je vous  vois écarquiller les yeux, je dis bien 29 de tension, et il est maintenant complètement guéri et rentré chez lui ; d’ailleurs, vous entendrez son témoignage la prochaine fois)… Donc, sauf qu’ici, disè-je, pendant que je m’apprêtais à ramener ce feu au pays pour réchauffer mes frères et s?urs, c’est la sorcellerie de certains calculateurs en mal de positionnement qui m’en a empêché !…

Entretien avec Ericien Pascal Nguiamba

faire un commentaire via Facebook