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Face à la presse le 24 mai 2016 à Yaoundé, le Ministre de la Communication, Porte parole du Gouvernement,  Issa Tchiroma Bakary, a dénoncé le Rapport de cette ONG qui classe le Cameroun  dans la catégorie des pays « Pas libres du tout  ». Voici en intégralité la déclaration du gouvernement.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue à l’occasion de la présente rencontre au cours de laquelle nous allons nous entretenir sur des accusations dont le Cameroun fait l’objet, et ceci de manière récurrente, relativement à l’exercice des droits civils et politiques et des libertés publiques dans notre pays.

C’est notamment le cas, pour ne citer que l’un des plus récents, du rapport publié par l’ONG Freedom House, dans son édition 2016, sous le titre « Freedom in the World 2016. Anxious Dictators, Wavering Democracies: Global Freedom under Pressure ».

Dans cette édition, les faits allégués sur le Cameroun portent sur l’année 2015, mais d’autres rapports précédents émanant de la même ONG s’en prennent, et ceci de manière fort injuste, à notre pays sur cette même question.

Mais, permettez-moi, avant d’aborder le fond de mon propos, de vous exprimer toute ma gratitude pour avoir répondu aussi spontanément t à l’invitation que je vous ai adressée à cet effet.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Dans son rapport 2016, l’ONG Freedom House publie un classement de 195 pays à travers le monde à qui elle attribue un rang allant, s’agissant des populations de ces pays des appréciations de populations «libres », « partiellement libres », et « pas libres du tout ».

Et au gré de ce classement, les populations du Cameroun figurent dans la catégorie « pas libres du tout ».

Certains autres rapports traitant des mêmes questions pointent également du doigt notre pays pour ce qu’ils considèrent comme une inobservance chronique des droits civils et politiques, ainsi que des libertés publiques.

Le Gouvernement considère qu’un tel acharnement ne peut être le fait du simple hasard. Car, comment comprendre que des organisations, aussi variés et venant d’horizons divers, en viennent à chaque fois à conclure sur des contre-vérités aussi manifestes que celles contenues dans leurs différentes adresses ?

Est-ce en raison du parti pris des sources consultées par les auteurs de ces rapports ? Ou est-ce alors à cause du caractère univoque des choix de consultation des différentes sources possibles, étant entendu que seules les sources ayant un intérêt à biaiser la réalité auraient retenu l’attention des auteurs de ces différents rapports ? Ou encore, ne pourrait-on pas croire à un déficit d’investigation de la part des auteurs de ces mêmes rapports ? Pire mais tout à fait possible, serait-ce plutôt un choix délibéré des officines à l’origine de ces réquisitoires, de ne privilégier par des procédés inquisitoriaux, que des thèses accablantes contre nos Institutions ?

Quelle que soit l’hypothèse envisagée, et dès lors que les faits sont à un tel point altérés ou déformés, le Gouvernement ne peut rester impassible, tant le déni de réalité devient manifeste.

Vous comprenez que nous ayons donc tenu à rétablir la vérité des faits et à mettre à nu ces desseins de désinformation. Je voudrais pour ce faire présenter en gros, la situation du respect des droits de l’Homme au double plan des droits civils et politiques d’une part, et des libertés publiques d’autre part.

S’agissant tout d’abord des droits civils et politiques, je parlerai des aspects saillants qui, semble-t-il, intéressent le plus nos pourfendeurs, à savoir le processus électoral, le pluralisme et la participation politiques, ainsi que la gouvernance.

Parlant du processus électoral dans notre pays, qui comme vous les savez, se trouve être en rapport direct avec le pluralisme et la participation politiques, celui-ci s’est inscrit depuis le retour à la démocratie pluraliste, dans une parfaite dynamique d’amélioration allant dans le sens de l’équité, de la transparence et de la sincérité des votes.

Nous ferons avant tout remarquer à ce sujet, que la neutralité d’Elections Cameroon (ELECAM), organe indépendant chargé de la gestion du processus électoral et référendaire, ne fait point de doute, car elle est non seulement affirmée du point de vue des modalités juridiques ayant présidé à sa création, mais mieux encore, cette neutralité se manifeste chaque fois à l’occasion des actes qu’ELECAM pose dans l’exercice de sa charge.

L’importance des innovations majeures introduites avec succès dans l’organisation des élections au Cameroun, à l’instar de la biométrie, de la refonte des listes électorales en lieu et place d’une simple révision desdites listes, ou encore de la participation des Camerounais de l’Étranger à l’élection présidentielle, n’échappe à personne. Tout comme l’amélioration à la fois quantitative et qualitative du fichier électoral qui aujourd’hui compte plus de six millions d’électeurs régulièrement inscrits, constitue un indicateur de l’optimisation du processus électoral dans lequel notre pays s’est résolument inscrit.

La question de la gouvernance est quant à elle à mettre en rapport avec la protection de la fortune publique et la lutte contre la corruption, une préoccupation constante du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, depuis son accession à la magistrature suprême le 06 novembre 1982. Ce combat acharné contre les atteintes à la fortune publique s’est accru depuis quelques années.

Des structures administratives ont ainsi été créées en amont du processus de la répression, telles que la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC) ou encore l’Agence d’Investigation Financière (ANIF), en plus de l’organe administratif constitué par le Contrôle Supérieur de l’État.

Ces organes sont pris en relais en aval par les institutions judiciaires, dont certaines sont spécifiquement dédiées au contrôle de la gestion de la dépense publique et à la lutte contre les malversations sur la fortune publique.

C’est notamment le cas de la Chambre des Comptes de la Cour Suprême, du Tribunal Criminel Spécial, mais également de toutes les autres juridictions de l’ordre judiciaires, qu’il s’agisse de tribunaux de première et grande instances, des cours d’appel ou de la Cour Suprême.

Pour ne parler que du Tribunal Criminel Spécial, le nombre d’affaires pendantes devant cette juridiction n’a cessé de croître depuis sa création.

On est ainsi passé de 25 affaires en 2014 à 43 affaires en 2015 ; et le nombre de personnes poursuivies de 38 à 65 sur la même période. Dans le même temps, 31 personnes poursuivies ont été acquittées et 25 décisions d’arrêts des poursuites prononcées. Toujours en 2015, le montant des sommes réclamées par l’État se chiffrait à 4 milliards 587 millions 756 mille 658 francs CFA, et celui des sommes restituées à 552 millions 588 mille 642 francs CFA.

S’agissant des libertés publiques, nous parlerons plus particulièrement de la liberté d’expression et d’opinion, de la liberté de presse, de la liberté d’association et de réunion, de l’État de droit et des libertés individuelles.

Je voudrais avant toutes choses relever certains points qui procèdent de l’État de droit en ce qui concerne particulièrement la répression des actes de terrorisme.

Je souligne à ce sujet qu’en droite ligne de la stratégie de lutte mondiale contre le terrorisme, le respect des droits fondamentaux demeure l’une des valeurs structurantes de l’action du Cameroun dans la lutte contre ce fléau à l’échelle planétaire.

Ainsi, l’État du Cameroun, en ratifiant divers traités et accords en la matière, s’est fait l’obligation de respecter les engagements qui en découlent, et a, dans le prolongement de ces engagements, adopté une loi portant répression des actes de terrorisme, dont l’option de principe est celle des poursuites judiciaires dirigées contre des personnes suspectée de tels actes.

Ces personnes bénéficient des mêmes droits que les justiciables ordinaires, notamment la présomption d’innocence, les droits de la défense et les recours.

De plus, les poursuites engagées ne se soldent pas toujours par des condamnations systématiques. Je m’en vais vous donner ici quelques statistiques édifiantes à cet effet, à la date du 31 décembre 2015 : devant le Tribunal Militaire de Yaoundé, sur les trois décisions rendues à cette date, deux se sont soldées par des acquittements du chef de complicité d’actes de terrorisme et d’actes de cybercriminalité ; devant le Tribunal Militaire de Garoua, sur les 19 affaires pendantes à cette même date, deux décisions ont été rendues, dont l’une constatant l’extinction de l’action publique ; devant le Tribunal Militaire de Maroua, 209 procédures étaient instruites, parmi lesquelles 146 sont arrivées à terme avec 133 condamnations à mort, 11 condamnations à vie, deux condamnations à 20 ans d’emprisonnement, mais aussi 63 arrêts de poursuites et acquittements.

J’affirme donc ici qu’il n’existe à ce titre aucune exécution sommaire de personnes soupçonnées d’actes terroristes au Cameroun.

Je rappelle aussi que nos Forces de Défense et de Sécurité bénéficient d’une solide formation incluant la prise en compte du respect des droits de l’Homme dans l’exercice de leur métier et même en matière de lutte contre le terrorisme.

L’erreur étant humaine, lorsque des cas d’exactions sont notés, des procédures disciplinaires sont engagées à l’encontre de leurs auteurs qui, lorsque cela s’avère nécessaire, en répondent devant les juridictions compétentes.

On a par ailleurs lu ou entendu des récriminations adressées par nos contempteurs sur le non-respect de la liberté de la presse au Cameroun, où l’on dénombre pourtant en termes de pluralisme, des centaines d’organes de presse, plus d’une centaine de radios et plus d’une vingtaine de chaînes de télévisions, auxquels il faut ajouter un accès libre à l’Internet.

S’agissant de l’accès à l’information, on a ainsi entendu dire que les médias ou les journalistes de la presse privée ne seraient pas accrédités pour la couverture de certains grands événements à caractère officiel. Je vous laisse le loisir d’en juger par vous-mêmes et de vous faire une idée de la crédibilité de ces rapports qui accablent le Cameroun en matière de non-respect des droits de l’Homme.

Mieux encore, et même si on peut reconnaître que le niveau d’intervention de l’État auprès des médias à capitaux privés reste encore en deçà de son objectif minimal, il reste acquis que le Gouvernement a déjà souscrit à ce principe et que bon an, mal an, la presse privée bénéficie de l’effort national consenti aux dépenses d’intérêt général ; ceci dans le but de contribuer à sa viabilité économique et donc, au droit du public à l’information.

En ce qui concerne la liberté de réunion et de manifestation publiques, celle-ci est garantie par la loi. À ce titre, les réunions et les manifestations publiques ne sont soumises qu’au simple régime de la déclaration préalable.

Il importe donc de comprendre que le principe en la matière demeure la liberté de réunion et/ou de manifestation publiques, alors que l’interdiction en constitue l’exception.

Toutefois, même lorsqu’une manifestation ne fait l’objet d’aucune interdiction, les organisateurs de ces rencontres doivent s’en tenir à leur objet et leur lieu de déroulement tels que préalablement déclarés auprès des autorités compétentes.

D’une manière générale, les motifs retenus pour l’interdiction d’une réunion ou d’une manifestation publiques ne peuvent procéder que de la loi. Ces motifs ont du reste vocation à être connus de tous ceux qui prétendent à l’exercice du droit de réunion ou de manifestation publique. Ils concernent : l’absence de déclaration, les menaces avérées de troubles à l’ordre public, l’inexistence légale de l’organisation qui sollicite la tenue de l’événement public, le changement de l’objet initialement déclaré, le défaut de qualité du déclarant, le non-respect des délais légaux (la déclaration devant être faite trois jours francs au moins avant la tenue de la réunion ou de la manifestation). En tout état de cause toute interdiction est dûment motivée par l’autorité administrative, auteur de l’acte d’interdiction.

Il reste néanmoins qu’une telle mesure de restriction est susceptible d’un recours juridictionnel auprès des tribunaux administratifs compétents.

Nous remarquons cependant que nonobstant ce moyen légal de recours, la plupart des organisateurs de manifestation ou de réunions interdites, sans doute conscients de leurs propres turpitudes, préfèrent la voie détournée de l’agitation et de la désinformation par voie médiatique, à celle du rétablissement de leurs droits par des moyens judiciaires et donc, légaux.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Permettez-moi avant de terminer de vous tenir informé de ce que la plupart des organisations, auteurs de ces rapports sur l’exercice des droits de l’Homme dans notre pays, se soucient très peu de travailler avec les autorités de l’État en charge de la préservation et de la régulation de ces droits, préférant sans doute s’adresser à des bonimenteurs, bien placés à leur goût pour leur dire ce qu’elles souhaitent entendre.

Pour celles un peu plus scrupuleuses, qui de temps à autre, sollicitent des réponses ou une collaboration officielles du Gouvernement, elles les reçoivent toujours.

Mais grande est souvent la surprise de constater que jamais les contributions gouvernementales ne font l’objet d’une restitution au moment de la publication de leurs rapports.

Pire encore, ces rapports se suivent et se ressemblent toujours, comme si rien n’avait jamais évolué dans le paysage des droits de l’Homme au Cameroun ; ce qui trahit alors le parti pris et la volonté embusquée de leurs inspirateurs et de leurs comparses locaux de nuire aux intérêts et à l’image extérieure de notre pays.

Fort malencontreusement pour ceux-là, les Camerounais, dans leur écrasante majorité, ne sont jamais dupes de telles manœuvres qu’ils continueront de combattre avec la dernière énergie, résolument engagés qu’ils sont dans la mouvance de l’émergence conduite par le Chef de leur Nation, Son Excellence Paul BIYA.

Je vous remercie de votre attention.

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Face à la presse le 1er avril 2016 à Yaoundé, le Ministre de la communication, Issa Tchiroma Bakary a dénoncé la prétendue dangerosité du Cameroun alléguée par certains médias. Une campagne de dénigrement et de sabotage qui fait du Cameroun, le deuxième pays le plus dangereux au monde. Voici la réaction et la mise au point du gouvernement camerounais.

Depuis quelques temps, des médias se sont fait l’écho d’un prétendu rapport qui, d’après eux, aurait été rendu public par le Département d’État américain et le Council of Foreign Relations (le Conseil des Relations Étrangères), un organisme américain indépendant. Ledit rapport, toujours selon ces médias, aurait classé le Cameroun au deuxième rang des pays les plus dangereux au monde.

La  rencontre du porte parole du gouvernement avec la presse le 1er avril 2016 à Yaoundé avait donc but de dénoncer ces « allégations ». Pour donner du poids à ce démenti, le Ministre de la Communication a indiqué que « c’est d’abord du gouvernement américain lui-même qu’est venue la première réaction à cette grave allégation. En effet, l’Ambassadeur des États-Unis au Cameroun, Son Excellence Michael Stephen HOZA, par un communiqué daté du 16 février 2016, démentait de façon catégorique les propos attribués au gouvernement américain par certains médias locaux et traitant de la question sécuritaire au Cameroun. Selon ce communiqué, jamais le Département d’État ou le Council of Foreign Relations n’ont classé le Cameroun comme deuxième nation la plus dangereuse au monde. Pour l’Ambassadeur des Etats-Unis, parlant au nom du gouvernement américain, je le cite : « Le Cameroun est un pays de paix, en dépit des défis sécuritaires liés à Boko Haram ». Toutefois, selon l’Ambassadeur, le gouvernement des États-Unis, conformément aux usages de la diplomatie américaine, a informé ses ressortissants de la situation sécuritaire prévalant dans les régions de l’Est et de l’Extrême-nord du Cameroun, et leur a demandé d’éviter autant que possible de s’y rendre tant que cette situation ne serait pas stabilisée. L’Ambassadeur américain précise d’ailleurs qu’une telle pratique est courante dans son pays, dès lors qu’un risque quelconque se présente dans une région donnée à travers le monde ».

Issa Tchiroma Bakary a ajouté que « Nous pouvons donc nous mettre d’accord sur le fait que les États-Unis d’Amérique – qu’il s’agisse de ses institutions officielles ou des organisations de la société civile agissant à partir de son sol – n’ont opéré aucun classement relatif à une dangerosité spécifique au Cameroun et ceci, pour quelque raison que ce soit ».

Pour le Ministre de la communication, « Un tel classement ne saurait par conséquent exister que dans l’imagination de ceux qui ont entrepris de ternir l’image de notre pays, au nom d’un dessein qu’ils sont manifestement les seuls à connaître » et, poursuit-il, « Ce qui est en revanche constant – et le démenti du gouvernement américain a lui-même tenu à l’indiquer avec force – c’est que le Cameroun demeure une nation en paix, un pays stable où règnent les cultures de la tolérance, de la solidarité et de la concorde ». Le porte parole du gouvernement a rassuré les camerounais : Le Président Paul BIYA, a décidé de mener la guerre contre Boko Haram jusqu’à la victoire finale, « au nom de la souveraineté de notre pays et de la suprématie de l’ordre civilisationnel ».

Ericien Pascal Nguiamba.

 

 

 

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Selon le Ministre de la communication, Issa Tchiroma Bakary, qui était face à la presse le 10 mars 2016 à Yaoundé, ces hauts commis de l’État et personnalités du monde des affaires sont tout simplement poursuivis dans le cadre de la lutte menée par le Chef de l’État, Paul Biya, contre la corruption et les atteintes à la fortune publique.

Le Ministre de la Communication explique pour le déplorer que « L’intensification de ce vaste mouvement d’assainissement des mœurs économiques face à l’impératif de protection de la fortune publique fait pourtant naître dans certains esprits, l’idée qu’il ne s’agirait en réalité que d’une manœuvre d’épuration politique destinée à écarter de la course au pouvoir suprême, d’hypothétiques concurrents du Chef de l’État en fonction. Autrement dit, pour ceux-là, les poursuites judiciaires concernant ces hautes personnalités, sous le prétexte de procédures de droit commun, ne seraient donc que d’habiles subterfuges dont le point de chute consisterait en la destruction d’une certaine élite politique émanant de l’intérieur du pouvoir ». Pour le porte parole du gouvernement camerounais « certains médias s’en sont fait l’écho et ont choisi de mettre le sujet en débat. Tout constat fait, ces médias ne sont que les relais d’une certaine opinion incarnée ci-et-là par des groupuscules d’activistes issus de quelques organisations de la société civile, ou alors par ceux-là même qui, directement concernés par ces poursuites judiciaires, ont opté de prendre la parole pour tenter de travestir les faits et se poser en de malheureuses victimes expiatoires d’une cabale politique savamment orchestrée ».

Le Ministre Issa Tchiroma Bakary indique que la rencontre avec la presse était l’occasion pour le Gouvernement de « remettre les choses à leur place, afin d’éviter toute confusion dans les esprits des uns et des autres, face à ce qui s’apparente à des manœuvres de dérobade de la part de ceux-là mêmes qui espèrent tirer profit d’une telle campagne de désinformation et qui, par un tel stratagème, tentent de jeter le discrédit sur notre système judiciaire ». Le Ministre de la communication fait observer que « Nous entendons parler depuis quelques temps, de persécution ou de prisonniers politiques, sous le couvert, nous dit-on, de procédures judiciaires classiques. La seule chose qu’il faille véritablement retenir, c’est qu’il est demandé le plus légitimement du monde aux uns et aux autres, de répondre de la gestion des deniers publics qui leur sont confiés pour l’exécution des tâches et des missions précises visant la satisfaction de l’intérêt général ». Le Ministre Issa Tchiroma Bakary se demande alors « De quelle persécution politique s’agirait-il donc, alors que dans notre pays, comme chacun peut s’en rendre compte, la compétition politique est libre et les règles de cette compétition connues de tous ? Des concurrents politiques, le Président Paul BIYA en a toujours eu, et ceci à profusion ; la preuve d’ailleurs de la vitalité et de la consolidation de la démocratie et de l’État de droit dans notre pays…S’agissant en tout cas de la quarantaine de procédures déjà traitées ou en cours de traitement auprès des juridictions compétentes pour des faits majeurs de détournements de deniers publics, il n’a, jusqu’à l’heure actuelle, jamais été possible de relever le moindre indice d’assimilation ou même seulement de rapprochement avec de supposés projets politiques nourris par les mis en cause ou les personnes condamnées. Et même pour des procédures encore pendantes qui, semble-t-il, font actuellement piaffer d’impatience certaines personnes concernées ainsi que leurs affidés, il est toujours possible de faire cette même démonstration du fait que justice et politique sont ici loin de se mêler ; que les reproches ou soupçons qui pèsent sur les mis en cause n’ont rien de politique et qu’ils ne tiennent qu’à l’impératif de protection de la fortune publique ».

Même si au cours de sa déclaration, le porte parole du gouvernement a évité de citer les noms des « mis en cause », une certaine opinion parle des personnalités et anciens barons du régime notamment Marafa Hamidou Yaya, ancien Secrétaire Général de la Présidence de la République, et ancien Ministre d’Etat en charge de l’administration du territoire, Jean Marie Atangana Mebara, ancien Secrétaire Général de la présidence, Urbain Olanguena Awono, ancien Ministre de la santé publique entre autres…

Ericien Pascal Nguiamba.

 

 

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Face à la presse nationale et internationale, jeudi 14 janvier 2016 à Yaoundé, le Ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary a rendu publique la position du gouvernement aux accusations dirigées par certaines ONG des droits de l\’homme contre les Forces de défense et de sécurité camerounaises impliquées dans la lutte contre Boko Haram. En intégralité la déclaration du porte parole du gouvernement camerounais.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Chers Invités

Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue et je vous remercie d’avoir répondu à l’invitation que je vous ai adressée pour prendre part au présent échange, qui porte sur la situation sécuritaire dans la Région de l’Extrême-nord de notre pays.

En effet, le mercredi 13 janvier 2016, aux environs de 5h40, une attaque du groupe terroriste Boko Haram a été perpétrée dans l’enceinte d’une mosquée à Kouyapé, localité située non loin de l’arrondissement de Kolofata, dans le département du Mayo-Sava.

Au cours de cette attaque, un jeune homme non encore identifié se faisant passer pour un fidèle musulman, s’est introduit à l’intérieur de la mosquée et a actionné la charge explosive qu’il portait par devers lui, faisant 13 morts, y compris lui-même, et un blessé grave.

Quelques heures avant au cours de la nuit du 12 au 13 janvier, les éléments des Forces de Défense camerounaises avaient déjà repoussé une attaque armée de Boko Haram dans la même zone, faisant deux tués parmi les assaillants.

À titre de récapitulatif, depuis le début de l’année 2016, les statistiques officielles font état de 15 attaques terroristes perpétrées par Boko Haram contre les intérêts et les populations camerounaises sur le territoire national, au nombre desquelles deux attaques-suicide avec 10 personnes tuées, 11 blessés, 9 personnes enlevées et 6 cas d’incendies d’habitations et de concessions.

Ainsi :

  • Le 2 janvier 2016 vers 9h, une jeune fille s’est fait exploser à proximité du stade municipal de Kolofata dans le Mayo-Sava. Seule la kamikaze a péri dans cette explosion, après avoir reçue une flèche dans le dos, tirée par un membre de comité de vigilance local.
  • Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2016 vers 22h50, des terroristes de la horde criminelle de Boko Haram ont assiégé la localité de Mozogo dans l’arrondissement du Mayo-Moskota, département du Mayo-Tsanaga, tuant deux villageois et blessant un troisième, tout en pillant cases et boutiques et emportant du bétail et des biens matériels.
  • Au cours de la même nuit, Boko Haram a attaqué la localité frontalière de Kerawa dans le Mayo-Sava, arrachant vivres et biens matériels aux villageois.
  • Le 4 janvier 2016 dans l’après-midi, des assaillants de Boko Haram ont fait irruption dans le village de Talakachi dans le Mayo-Tsanaga, armés de fusils d’assaut et terrorisant les populations par des tirs nourris, en l’air pour une fois de plus, voler et emporter des biens matériels.
  • Dans la nuit du 4 au 5 janvier 2016 vers 22h, les mêmes assaillants ont attaqué le village d’Olamsao dans l’arrondissement de Makary ; bilan : un Camerounais tué, un blessé, 61 cases incendiées.
  • Au cours de la même nuit, une autre attaque du même genre a été lancée contre le village d’Ouro-Mari dans le même arrondissement. Cette attaque a échoué grâce à la prompte riposte des éléments du BIR de Fotokol.
  • Toujours dans la nuit du 4 au 5 janvier 2016 vers 22h20, la localité de Mozogo a été à nouveau assiégée par les mêmes criminels, faisant un mort et un blessé côté camerounais.
  • Encore dans la nuit du 4 au 5 janvier 2016, la localité de Kerawa a fait l’objet d’intenses pillages, avec vols de bétail et de denrées alimentaires.
  • Le 6 janvier 2016, le village d’Ashigashia dans le Mayo-Tsanaga a essuyé une énième attaque du groupe terroriste Boko Haram, qui s’est soldée par l’enlèvement de deux villageois camerounais.
  • Le 7 janvier 2016 vers 12h30, Boko Haram a encore attaqué la localité d’Ashigashia, tuant un villageois, emportant 45 bicyclettes, 30 porte-tout et 150 petits ruminants, avant d’enlever six autres villageois et les contraindre de conduire le bétail volé en territoire nigérian.
  • Le 8 janvier 2016 vers 5 h 45, un jeune garçon s’est introduit dans une mosquée de la localité de Gansé dans l’arrondissement de Kolofata, où il a actionné sa charge explosive. Fort heureusement, seul ce kamikaze a péri sur ce coup, mais sept fidèles camerounais qui étaient en train de prier ont été blessés.
  • Au cours de la même matinée, le village de Fima dans le Logone-et-Chari, a essuyé une agression de Boko Haram qui s’est soldée par le vol de 125 bœufs.
  • Dans la nuit du 8 au 9 janvier 2016, les terroristes Boko Haram ont attaqué le village de Goura près de Fotokol, tué un villageois, en blessant un autre et incendiant de nombreuses habitations.
  • Le 9 janvier 2016, d’autres incursions criminelles sont intervenues dans la localité d’Ashigashia, avec comme bilan, des pillages et des destructions de nombreuses habitations.
  • Le 10 janvier 2016 vers 16 h 30, le Chef de village de Fima a été égorgé avec deux de ses notables. Là encore, plusieurs concessions ont été pillées et incendiées.
  • Dans la nuit du 11 au 12 janvier 2016, réagissant à une attaque de Boko Haram, les membres du comité de vigilance de Fotokol ont réussi à neutraliser le chef Boko Haram de nationalité nigériane dénommé DJOGANA ALADJI ALI BOUKAR, près de la localité de Fima. L’intéressé a été ensuite remis aux éléments du BIR.

Tout ceci rien que sur une période de deux semaines à peine.

Depuis 2013 jusqu’en 2015, le recensement des actes d’enlèvements de personnes, y compris des enfants, organisés par Boko Haram sur notre territoire fait ressortir 2 enlèvements de personnes en 2013, 11 enlèvements en 2014 et 5 en 2015, soit au total sur cette période 18 enlèvements.

En 2014, 1 160 têtes de bétail ont été volées à nos populations par la horde criminelle et barbare Boko Haram.

En 2015, selon une estimation faite par Boko Haram lui-même, le nombre de bœufs volés en territoire camerounais s’élèverait à 4200, sans compter les petits ruminants.

En 2014, 37 attaques Boko Haram ont été perpétrées contre les unités des Forces de Défense camerounaises et 23 en 2015.

Toujours en 2015, 21 attaques ont visé les comités de vigilance.

Sur la même année, 28 attentats-kamikazes ont été enregistrés, et je le disais tantôt, pour ce tout début de l’année 2016, déjà 04 attentats de ce même type ont été perpétrés.

Quant aux populations civiles, elles ont subi 66 attaques et exactions diverses de la part de Boko Haram en 2014, 116 en 2015 et rien que sur les quinze premiers jours de 2016, 5 attaques et autres exactions ont été menées par ce groupe terroriste.

Depuis 2013, on aura dénombré dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, 315 incursions des terroristes Boko Haram, 12 accidents sur mines et 32 attentats-suicide du fait de ces mêmes criminels.

Au total, 1 098 civils camerounais, 67 de nos militaires et 03 de nos policiers ont, à ce jour, perdu la vie à la suite des agressions barbares dirigées contre notre pays par le groupe terroriste Boko Haram.

Voilà donc, Mesdames, Messieurs les Journalistes, résumé, le macabre tableau statistique de l’agression barbare dont le Cameroun paie le prix fort depuis 2013, du fait des attaques barbares et criminelles de l’organisation terroriste Boko Haram.

Face à un tel harcèlement à la fois gratuit et injustifié, nos Forces de Défense et de Sécurité ont su donner la réplique, infligeant de lourdes pertes à l’ennemi et lui faisant subir d’importants revers qui aujourd’hui, ont fini par l’affaiblir, au point de le réduire à des actes de couardise, tels que les attentats-suicide devenus son mode opératoire de prédilection.

C’est une fois de plus l’occasion d’exalter le courage, la détermination et l’efficacité de nos Forces de Défense et de Sécurité, soutenues en cela par la bravoure des comités de vigilance agissant auprès des autorités administratives, pour traquer et débusquer ces redoutables criminels, partout où ils pourraient se trouver sur le territoire national.

C’est en tout cas grâce à cette synergie d’efforts que, seul sur le front de guerre pendant plus de huit mois, avant d’être rejoint par d’autres pays voisins, le Cameroun est parvenu à préserver son intégrité territoriale face à l’envahisseur. Et la communauté internationale ne s’y est pas trompée, puisqu’elle a, répondant en cela à l’appel à une riposte globale lancé par le Chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA au début de l’année dernière, rejoint notre pays de manière multiforme dans le combat pour une éradication définitive du péril terroriste que représente le groupe criminel Boko Haram.

Comment comprendre alors que certains acteurs de la société civile nationale ou internationale aient choisi ce moment précis pour mettre notre pays, et particulièrement nos Forces de Défense et de Sécurité sur la sellette, en les accusant de toutes sortes d’exactions et de violations des droits de l’homme, dans la traque et la riposte qu’elles conduisent contre l’ennemi Boko Haram ?

En effet, certaines ONG – et parfois pas des moindres – intervenant en matière de défense des droits de l’Homme, semblent avoir choisi depuis un certain temps d’attaquer le Cameroun par des accusations toutes aussi grossières que fallacieuses, sur des actes qu’elles considèrent comme constituant de graves violations du droit international humanitaire et des droits humains, et dont nos militaires et policiers seraient les auteurs dans le combat qu’ils mènent contre Boko Haram.

Nos Forces de Défense et de Sécurité sont ainsi – et ceci de manière récurrente – accusées de commettre sur les personnes ennemies, et parfois sur les populations civiles, des crimes au regard du droit international et d’autres violations des droits humains, dans la mesure où, selon ces allégations, elles sont stigmatisées pour avoir coutume de procéder à des arrestations de masse, de perpétrer des exécutions sommaires, de recourir de manière excessive à la force, de pratiquer des disparitions forcées, de torturer et de donner la mort à des prisonniers ou à des présumés membres de Boko Haram.

Le Gouvernement ne peut rester insensible à un tel harcèlement du reste dénué de tout fondement, tant les allégations proférées revêtent un réel caractère de gravité et même d’indécence.

En même temps que le Gouvernement camerounais rejette totalement ces accusations, je voudrais rappeler à leurs auteurs, ces mots du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA prononcés lors de la Session Extraordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Afrique Centrale – le COPAX – qui s’était tenue le 16 février 2015 ici même à Yaoundé. Je le cite : « La réalité est simple. Il y a d’un côté, le nôtre, les tenants d’une société moderne et tolérante, garantissant l’exercice des droits de l’homme, dont ceux de religion, ainsi que la démocratie représentative. De l’autre côté, c’est-à-dire du côté de Boko Haram et des mouvements qui lui ressemblent, il y a les partisans d’une société obscurantiste et tyrannique, sans considération aucune de la dignité humaine », fin de citation.

Nous devons donc bien rappeler à l’intention de nos contempteurs que leur ardeur à défendre les droits humains ne doit pas les pousser à confondre le bourreau et la victime. Car, en l’espèce, les bourreaux, ce sont les criminels de Boko Haram, et la victime, c’est le peuple camerounais qui mène un combat légitime pour la protection de son espace territorial et la préservation de la paix et de la sécurité sur son territoire national.

Cela étant, il faudrait qu’il soit clair que ce n’est pas parce que nous faisons face à de tels barbares, que nous nous transformerions nous-mêmes en de vulgaires barbares.

Je voudrais donc dire à l’adresse de nos pourfendeurs sur la question du respect des droits de l’Homme par nos Forces de Défense et de Sécurité, que l’obligation du respect des droits humains, aussi bien en période de paix qu’en période de guerre, fait partie intégrante de la formation de nos Forces de Défense et de Sécurité ; et qu’à chaque fois qu’ils se sont retrouvées sur le terrain des opérations, les militaires et les policiers camerounais ont toujours su faire bon usage de ces enseignements.

Le professionnalisme, l’efficacité, la compétence et la probité des Forces de Défense et de Sécurité camerounaises constituent une référence au sein de la communauté des nations, au regard des satisfécits que leur accordent constamment des organisations internationales de premier plan telles que l’Organisation des Nations Unies ou l’Union Africaine pour ne citer que celles-là, et qui leur valent de participer chaque fois avec succès à de multiples contingents internationaux impliqués dans les opérations de maintien de la paix.

C’est en particulier le cas de la MINUSCA en RCA et des observateurs intervenant actuellement dans d’autres pays tels que le Mali, la Côte d’Ivoire, la République Démocratique du Congo ou le Soudan.

Le dire de la sorte, parce qu’il s’agit d’une réalité palpable, ne voudrait en aucun cas insinuer qu’il n’y aurait aucune bavure à relever en termes d’écarts de comportement chez nos militaires et policiers. Mais, lorsque de telles bavures ou tout autre manquement de même nature sont avérés en la matière, des voies de droit existent pour, soit sanctionner les fauteurs au plan disciplinaire, soit les traduire devant les juridictions compétentes pour qu’ils aient à répondre de leurs fautes conformément à la loi.

Les mêmes sources désinformatrices font par ailleurs état d’expulsions massives opérées par les autorités camerounaises, à l’encontre de réfugiés de nationalité nigériane ayant précédemment fui les zones de combat et les violences provoquées par Boko Haram en territoire nigérian.

Là encore, le Gouvernement rejette totalement ces autres allégations, la réalité étant toute autre. Car les personnes de nationalité nigériane dont il s’agit ici, ont toujours été accueillies avec hospitalité et convivialité sur notre territoire.

Mais au fur et à mesure que leurs zones d’habitation d’origine sont stabilisées en territoire nigérian, ces personnes sont alors reconduites dans leur pays et ceci, avec leur consentement et la collaboration des autorités nigérianes.

Le Chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA, a donné des instructions fermes et mis à disposition un soutien matériel et logistique approprié, pour que le convoiement de ces personnes vers leur pays, s’effectue dans les conditions de sécurité et de dignité optimales.

Aucune exaction, aucune brutalité, aucun traitement inhumain ne sont donc commis sur ces personnes, toutes heureuses de retrouver leur terre d’appartenance au Nigeria.

Cela étant, il est un fait que l’afflux de ces réfugiés à un moment donné sur le territoire camerounais aura mis à mal les capacités d’accueil disponibles.

À titre d’illustration, le Camp de Minawao dans l’Extrême-nord, prévu pour accueillir 18 000 réfugiés au maximum, en est aujourd’hui à 52 000.

 Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Comme nous pouvons le constater tous ensemble, les contre-vérités flagrantes exprimées par ces ONG et parfois relayées par certains médias internationaux notamment, la récurrence et la persistance de leur diffusion au sein de l’opinion publique, la gravité des accusations portées à l’encontre de nos institutions et en particulier de nos Forces de Défense et de Sécurité, au moment même où celles-ci portent l’estocade contre l’ennemi que représente le groupe terroriste Boko Haram, sont de nature à nous laisser pour le moins perplexes.

Et la question que l’on peut se poser, c’est de savoir ce que cache un tel acharnement.

Autrement dit, quel agenda caché y aurait-il derrière de telles manœuvres, tellement celles-ci apparaissent à la fois grossières et dénuées de tout fondement, mais en même temps opportunistes, parce qu’intervenant au moment même où notre pays doit faire face à une crise sécuritaire inédite dans son existence.

C’est donc le lieu d’en appeler plus que jamais à la vigilance de toutes les Camerounaises et de tous les Camerounais, à la mobilisation de tous et à un engagement collectif, sans réserve et sans faille derrière le Chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA, Chef des Armées, dans ce combat intrépide qu’il livre au nom de la nation tout entière, contre les forces du mal que représentent les terroristes de la horde criminelle Boko Haram.

Il s’agit ni plus ni moins, de faire bloc et de faire échec à toutes ces manœuvres de fragilisation de notre tissu national, et à ces tentatives protéiformes de déstabilisation du Cameroun qui, plus que jamais, doit demeurer ce havre de paix, ce sanctuaire d’unité et ce potentiel de prospérité et d’aspiration à l’émergence, que bien de pays lui envient à travers le monde.

Je vous remercie de votre aimable attention.

 

 

Selon le Ministre de la Communication,  Issa Tchiroma Bakary, face à la presse ce 2 décembre 2015 à Yaoundé, les unités Émergence 4 et Alpha des Forces de Défense Camerounaises, en collaboration avec le secteur militaire n°1 de la Force Multinationale Mixte de la Commission du Bassin du Lac Tchad basée à Mora, en parfaite synergie avec les Forces Nigérianes, ont permis de neutraliser et de mettre à mort plusieurs centaines de combattants du groupe ennemi, ainsi que la libération de 900 otages détenus par Boko Haram depuis plusieurs années. Voici en intégralité la Déclaration du Porte parole du gouvernement.

\"minok\"

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue à cette rencontre à laquelle je vous ai conviée, pour vous entretenir sur les dernières actions menées par nos Forces de Défense et de Sécurité sur le front de guerre contre le groupe terroriste Boko Haram, dans la Région de l’Extrême-nord de notre pays.

Vous l’avez certainement appris à travers le communiqué publié par le Ministre Délégué à la Présidence de la République chargé de la Défense, les Forces de Défense Camerounaises ont mené du 26 au 28 novembre derniers, une opération spéciale d’envergure contre le groupe terroriste Boko Haram, dans les zones frontalières avec le Nigeria.

Au terme de cette opération, les unités Émergence 4 et Alpha des Forces de Défense Camerounaises, en collaboration avec le secteur militaire n°1 de la Force Multinationale Mixte de la Commission du Bassin du Lac Tchad basée à Mora, en parfaite synergie avec les Forces Nigérianes, ont permis de neutraliser et de mettre à mort plusieurs centaines de combattants du groupe ennemi, ainsi que la libération de 900 otages détenus par Boko Haram depuis plusieurs années.

Cette opération a également bénéficié de l’appui et des moyens stratégiques des services de renseignements camerounais, ainsi que de l’assistance de nos comités de vigilance.

Il s’est agi, pour le Cameroun, d’apporter une réponse appropriée aux incursions répétées de Boko Haram en territoire camerounais, partant de certains points d’appui au Nigeria et se traduisant par des actions kamikazes meurtrières, des rapts de bétails, des assassinats, parfois des prises d’otages.

Parmi les ennemis neutralisés, on compte notamment le nommé Aladji Gana, présenté comme le chef des opérations de Boko Haram dans la zone, et qui aurait été au commandement de plusieurs attaques menées contre le Cameroun.

D’importants stocks d’armements et de munitions, ainsi que des objets de propagande tels que des drapeaux djihadistes, ont été saisis au cours de ces opérations.

Des opérations de ratissage d’envergure ont été effectuées, permettant la sécurisation de cette zone frontalière sensible à partir de laquelle le groupe terroriste Boko Haram avait pris l’habitude de s’infiltrer sur le territoire camerounais, afin d’y commettre divers forfaits.

Des moyens colossaux en termes de matériels militaires, de renseignements et d’effectifs ont été mis à contribution par le haut commandement militaire du Cameroun, pour obtenir ces résultats dont le bilan impressionnant démontre une fois de plus la puissance de feu, et d’une manière générale le professionnalisme de nos Forces de Défense et de Sécurité.

La horde criminelle et sanguinaire Boko Haram vient donc là d’essuyer sans aucun doute, l’un de ses revers les plus cuisants sur le terrain des affrontements dont elle est à l’origine contre notre pays, et qui intervient à la suite de nombreux autres succès non moins importants des Forces Armées Camerounaises.

Le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, Chef des Armées, adresse à l’ensemble des personnels des Forces de Défense et de Sécurité du Cameroun, ses sincères et chaleureuses félicitations pour leur engagement permanent, leur bravoure, leur loyauté et leur détermination sans faille à réduire à néant, le dessein criminel de l’organisation terroriste Boko Haram sur notre territoire national.

Le Président de la République adresse également ses félicitations aux populations camerounaises, pour le soutien sans réserve qu’elles continuent d’apporter à nos vaillants soldats et à nos Forces de Défense et de Sécurité, dans le combat qu’elles mènent pour la préservation de notre souveraineté et la sauvegarde des personnes et des biens installés sur le territoire camerounais.

Les félicitations et les encouragements du Chef de l’État vont aussi aux comités de vigilance mis en place sous la supervision des autorités administratives territorialement compétentes, et qui, sans céder aux manœuvres d’intimidation de ces hordes barbares, continuent d’œuvrer sans relâche et avec un engagement toujours plus renforcé auprès de nos Forces de Défense et de Sécurité, et des responsables du commandement territorial.

Je voudrais ensuite, au nom du Gouvernement, saluer le précieux soutien de la communauté internationale au Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, ainsi qu’à la nation tout entière unie derrière son Chef, dans le combat qu’il mène contre l’une des nébuleuses terroristes les plus redoutables et les plus ignobles de l’Internationale du crime et de la terreur.

Ce soutien de la communauté internationale trouve aujourd’hui toute sa signification et toute sa légitimité, au moment où le monde entier doit faire face à des offensives toutes aussi osées, insoupçonnées que multiformes de l’action terroriste, sur des populations à la fois vulnérables et innocentes.

La mobilisation de la communauté internationale contre l’agression terroriste à l’échelle planétaire sonne à n’en point douter, comme un écho à l’appel que le Chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA, adressait, telle une prémonition, aux dirigeants du monde entier, lors de la réception solennelle des vœux du Corps Diplomatique au début de l’année 2015. Je le cite :

« À menace globale, riposte globale. Telle devrait être la réponse de la communauté internationale et notamment de l’Union Africaine et de nos organisations régionales. (…) Il faut que l’on sache que la distance qui peut séparer un pays des zones de combat n’est pas une assurance tous risques (…) Je persiste à croire que la menace que représentent les djihadistes, Boko Haram et autres Shebabs, ne pourra être levée que par une mobilisation au niveau international. (…)», fin de citation.

La nation camerounaise doit donc rester toujours vigilante, toujours plus unie derrière nos Forces de Défense et de Sécurité, derrière nos Institutions et derrière celui qui les incarne au plus haut niveau, à savoir le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA.

Cette éclatante victoire que vient d’enregistrer nos Forces de Défense et de Sécurité sur Boko Haram en dit certainement long sur notre détermination à briser définitivement les reins à cette horde barbare, criminelle et déshumanisée.

Je ne saurais naturellement terminer sans vous dire, à vous les professionnels de l’information, toute la reconnaissance du Gouvernement pour l’excellent travail que vous n’avez eu de cesse d’abattre, afin de jouer votre partition dans cette symphonie nationale.

Je tiens, à ce sujet, à vous transmettre toute la satisfaction de Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, ainsi que son exhortation à vous voir persévérer et renforcer votre engagement auprès de cet idéal de solidarité, de citoyenneté et de responsabilité.

Je vous remercie de votre aimable attention.

 

\"minok\"

Face à la presse samedi 17 octobre 2015 à Yaoundé, le Ministre de la Communication, Porte Parole du gouvernement a fait le point du Conseil ministériel du 15 octobre 2015 présidé au Palais de l’Unité par le Président de la République, Paul Biya. Voici l’intégralité de la Déclaration de Issa Tchiroma Bakary.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,
Je vous avais promis il y a quarante-huit heures seulement, que nous nous retrouverions très rapidement pour revenir sur l’important Conseil ministériel que le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, a présidé jeudi dernier au Palais de l’Unité de Yaoundé, après le réaménagement du Gouvernement intervenu le 02 octobre 2015.
Je vous remercie à cette occasion, d’avoir promptement répondu à l’invitation que je vous ai adressée à cet effet.
Mesdames, Messieurs les Journalistes,
Le Chef de l’État a donc réuni autour de lui il y a soixante-douze heures, son équipe gouvernementale, dans le cadre d’un Conseil ministériel formel, afin de fixer le cap de son action et de donner des directives précises sur la conduite des axes majeurs de la politique nationale.
Avant d’intervenir pour sa communication spéciale de circonstance, le Président de la République a, en même temps que l’ensemble du Gouvernement, écouté l’exposé présenté par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, relativement à l’état d’exécution du plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance.
Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement a ainsi rappelé que ce plan d’urgence, actuellement en cours d’exécution, était constitué de plusieurs projets couvrant l’ensemble du territoire national et concernant les différents secteurs d’activités suivants : la santé, le développement urbain, les industries animales, l’eau et l’énergie, les routes, l’agriculture, l’aménagement du territoire et la sécurité.
Il était sans doute important pour le Chef du Gouvernement, d’apporter des réponses claires et précises concernant la phase pré-opérationnelle de ce plan.
J’insiste donc sur cet aspect de la présentation faite par le Premier Ministre, pour notamment vous apporter des éléments de compréhension sur les procédures ayant précédé la mise en œuvre effective des projets sur le terrain.
Il aura donc fallu mettre en place avant toutes choses, pour l’exécution du plan d’urgence d’un cadre institutionnel pour finaliser la maturation des projets par les maîtres d’ouvrage concernés, identifier et sécuriser les assiettes foncières destinées à abriter chaque projet, puis procéder aux études techniques précédant le début d’exécution desdits projets.
Pour la phase de passation des marchés – étape qu’il fallait adresser avec soin et méthode – l’objectif était d’une part, de garantir le respect des règles de bonne gouvernance et de transparence dans la sélection des entreprises adjudicatrices, et d’autre part, de disposer à terme de prestations de bonne qualité aux coûts les plus compétitifs.
Au terme de l’avis général à manifestation d’intérêt, 350 entreprises ont été pré-qualifiées, et à ce jour, les préalables administratifs sont réglés pour l’essentiel. En ce qui concerne la situation à proprement parler de la mise en œuvre des projets inscrits au plan d’urgence triennal, plusieurs composantes sont en cours d’exécution.
Dans le domaine de la santé, les travaux de réhabilitation des infrastructures et de relèvement des plateaux techniques des hôpitaux généraux de Yaoundé et de Douala, ainsi que ceux du CHU de Yaoundé, débuteront dès le mois de novembre 2015.
Quant à la construction des centres régionaux hospitaliers dans les chefs-lieux de régions autres que Yaoundé et Douala, les travaux de construction des centres d’Ebolowa, de Bamenda et de Bafoussam sont prévus pour démarrer en janvier 2016. Viendront ensuite ceux de Maroua, de Garoua et de Ngaoundéré, puis ceux de Bertoua et de Buea ; la durée prévisionnelle des travaux étant à chaque fois fixée à dix-huit mois.
Pour ce qui est du volet urbain, les axes routiers à réhabiliter à Yaoundé et à Douala ont été sélectionnés, pour un linéaire total de 232 km environ. Les travaux concernant les voiries secondaires ont démarré depuis le mois de juin dernier à Yaoundé. Les travaux lourds relatifs aux voies fortement dégradées vont s’intensifier au mois de novembre 2015.
Pour la sous-composante habitat, il est prévu la construction de 800 logements, à raison de 100 logements par région, et à l’exception de Yaoundé et de Douala.
Dès le mois en cours, c’est-à-dire dès octobre 2015, l’entreprise chargée de ces travaux se sera déployée à Bertoua et dans les régions septentrionales, afin de prendre possession des sites identifiés. Les travaux de construction concernant Ebolowa démarreront avant la fin de cette année.
Dans le cadre du développement des industries animales, il est prévu la construction et l’équipement d’un abattoir moderne à Ngaoundéré et l’équipement de quatre entrepôts frigorifiques à Yaoundé, Kribi, Ngaoundéré et Ebolowa. Les travaux débutent dès la fin de ce mois à Ngaoundéré et à Yaoundé. Ils commenceront à Ebolowa et à Kribi en novembre prochain.
Dans le secteur de l’eau, tous les marchés relatifs à la réalisation des 900 forages et 19 adductions d’eau potable dans les dix régions, ont été attribués. Les premiers ouvrages seront livrés au courant du mois de novembre 2015, et l’ensemble des forages sera réceptionné dans les six mois à venir.
Pour ce qui est de l’énergie, secteur dans lequel il est prévu le renforcement et la stabilisation de certaines lignes d’électricité et la construction d’un barrage à Bini par Warak, la recherche des financements se poursuit activement.
S’agissant du réseau routier, les 20 axes de désenclavement des bassins de production prévus à raison de deux par région, ont déjà été identifiés. Les dossiers d’appel d’offres pour l’exécution des travaux et le contrôle géotechnique de cinq tronçons de la première phase, ont également été élaborés. Il s’agit des axes Douala-Bonèpoupa-Yabassi ; Ekondo-Titi-Kumba ; Soa-Esse-Awae ; Mandjo-Batouri ; et Maroua-Bogo. Les travaux y relatifs démarreront dès que les financements correspondants auront été levés. Pour ce qui est du volet agricole et de l’aménagement du territoire, il est prévu la création de plusieurs agropoles et l’aménagement de 120 mille hectares de périmètres hydro-agricoles, l’appui aux agro-industries et la construction de grands marchés de ravitaillement.
À ce jour, 13 mille hectares de périmètres hydro-agricoles ont été identifiés à l’Extrême-nord, et la procédure de passation des marchés y afférente a déjà démarré.
Dans le volet sécurité, 38 marchés relatifs à la construction de postes de sécurité aux frontières, ont été attribués, à raison de 20 pour la Sûreté Nationale, et de 18 pour la Gendarmerie. Pour la Sûreté Nationale, les travaux ont démarré dans les régions septentrionales. En ce qui concerne la Gendarmerie, la construction des unités prévues à Douala démarreront au cours de ce mois d’octobre.
Voilà, Mesdames, Messieurs les Journalistes, la situation de la mise en œuvre du plan d’urgence, telle qu’elle a été présentée par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, lors du Conseil ministériel du 15 octobre dernier.
Le Ministre des Sports et de l’Éducation Physique s’est ensuite appesanti sur les préparatifs des CAN 2016 et 2019 qui se dérouleront dans notre pays.
À ce sujet, Le Ministre des Sports et de l’Éducation Physique a rappelé que la CAN 2016 allait se dérouler dans les villes de Yaoundé et de Limbe. Il est prévu à cet effet de mettre à disposition dans chacune de ces villes, un stade de compétition et cinq terrains d’entraînement aux normes CAF, ainsi que des infrastructures d’accueil appropriées. Pour ce faire, il faudra rénover en profondeur le Stade Omnisports de Yaoundé et réhabiliter trois centres d’entraînement composés des deux stades annexes du Stade Omnisports et du Stade Militaire de Yaoundé.
Pour le site de Yaoundé, les marchés des travaux relatifs à l’installation des sièges, à la réhabilitation de l’aire de jeu et de la piste d’athlétisme du Stade Omnisports ont déjà été attribués, ainsi que plus récemment, les contrats concernant la mise aux normes des aires de jeu et des équipements connexes sur les terrains d’entraînement.
En ce qui concerne Limbe, le Stade Omnisports de Ngémé d’une capacité de 20 000 places, est achevé et réceptionné depuis septembre 2014, et les marchés relatifs à la construction des infrastructures d’approche (voies d’accès, voies de contournement, parkings) sont attribués.
Pour la CAN 2019, il est prévu la réhabilitation des stades omnisports de Roumdé-Adja à Garoua, et de la Réunification à Douala, ainsi que celle de 15 stades d’entraînement à Douala, Bafoussam et Garoua, à raison de cinq stades par ville.
Au registre des infrastructures à construire dans la perspective de la CAN 2019, figurent un stade de 60 000 places à Yaoundé-Olembé, avec deux terrains annexes ; un stade de 50 000 à Douala-Japoma, avec également deux terrains annexes ; et le stade de Kouékong à Bafoussam, d’une capacité de 20 000 places, dont les travaux sont déjà réalisés à 92%. La réception de ce stade est prévue début 2016.
Prenant la parole pour sa communication spéciale, le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, s’est d’abord félicité de voir le plan d’urgence définitivement lancé. Il a rappelé l’importance qu’il attachait à l’exécution de ce plan, dans la mesure où, je cite le Président de la République « Notre peuple veut en effet voir, grâce à ce plan d’urgence et au programme normal de développement, le Cameroun transformé en un grand chantier. Il veut voir ses conditions de vie améliorées », fin de citation.
S’adressant directement aux Membres du Gouvernement, le Chef de l’État a rappelé que c’était un honneur de servir son pays en qualité de Membre du Gouvernement, mais qu’il s’agissait surtout d’une lourde responsabilité, qu’il invitait chacun à assumer pleinement, de manière à donner à l’action gouvernementale davantage de force et d’efficacité. Le Président de la République a donc invité son Gouvernement à faire plus et mieux dans la mise en œuvre de la stratégie pour la croissance et l’emploi, qui vise à moderniser notre pays et à améliorer les conditions de vie du peuple camerounais.
S’agissant de la lutte contre Boko Haram, le Chef de l’État  a indiqué qu’elle restera, en même temps que la préservation de notre sécurité intérieure,  la première priorité du Gouvernement.
À l’endroit de nos forces de défense et de sécurité, le Président de la République, Chef de l’État,  et Chef des Armées, a à nouveau exprimé son appréciation pour leur engagement au service de la sauvegarde de notre intégrité territoriale. La satisfaction du Chef de l’État  est également allée vers nos vaillantes populations, pour je cite « leur patriotisme et leur engagement résolu à barrer la route aux terroristes », fin de citation. Elles  sont, a-t-il poursuivi, je le cite à nouveau : « Pour nos forces de défense et de sécurité, une aide précieuse et efficace, notamment dans le cadre des comités de vigilance. Nous continuerons à leur apporter  tout notre soutien », fin de citation.
Au titre des directives, le Président de la République a prescrit au Gouvernement, pour compenser les difficultés rencontrées, de corriger les déficiences que l’on pouvait encore constater à certains endroits. Il s’agit dans cette optique : de parvenir à une meilleure coordination entre les départements ministériels ; de veiller, au sein des Ministères, à une meilleure organisation du travail en impliquant, entre autres, et davantage, les Ministres Délégués et les Secrétaires d’État ; d’accélérer la maturation des projets ; d’éliminer les situations de blocage ; de régler le problème de la sous-consommation des crédits; et de continuer à veiller à la qualité de la dépense publique.
S’agissant des CAN 2016 et 2019, le Chef de l\’État a prescrit au Gouvernement, de tout mettre en œuvre pour relever le défi de leur bonne organisation, dans les délais impartis.
Clôturant les travaux, le Président de la République a exhorté les Ministres à ne ménager aucun effort pour répondre aux préoccupations et aux attentes légitimes du peuple camerounais, car a-t-il rappelé, et je le cite « J’avais dit, il n’y a pas si longtemps, que l’équipe gouvernementale devait se considérer comme un « gouvernement de mission ». Il fallait entendre qu’elle n’était pas là pour expédier les affaires courantes, mais pour inventer, créer et réaliser», fin de citation ; avant de conclure, je le cite à nouveau : « Je réitère aujourd’hui plus que jamais cette directive. Parce que c’est ce que le peuple camerounais attend. Et parce que nous le lui devons », fin de citation.
Mesdames, Messieurs les Journalistes,
Au moment même où se déroulait le Conseil ministériel du 15 octobre dernier, nous apprenions que dans le cadre de la mobilisation globale contre le terrorisme international et notamment de la lutte contre la secte terroriste Boko Haram, les Gouvernements américain et camerounais venaient de se mettre d’accord pour le déploiement dans notre pays, d\’un détachement formé de 300 personnels de l\’Armée américaine, chargés de conduire des opérations de renseignement, de surveillance et de reconnaissance.
Par cet acte qui ne sera certainement pas le dernier du genre, le Président américain, Son Excellence Barack Obama, répond incontestablement à l’exhortation de son homologue camerounais, Son Excellence Paul BIYA, qui, lorsque répondant aux vœux du Corps diplomatique pour l’année 2015, affirmait, je le cite « À menace globale, riposte globale (…) Il faut que l’on sache que la distance qui peut séparer un pays des zones de combat n’est pas une assurance tous risques (…) Je persiste à croire que la menace que représentent les djihadistes, Boko Haram et autres Shebabs, ne pourra être levée que par une mobilisation au niveau international. Beaucoup l’ont compris. Il reste à en tirer les conséquences », fin de citation. Le déploiement décidé par les Chefs d’État camerounais et américain a du reste déjà commencé, avec la présence effective dans notre pays, de 90 militaires américains. Ce contingent dont la totalité des membres sera basé à Garoua, apportera à nos Forces de Défense et de Sécurité, un appui déterminant dans la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram.
Le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA,  s’est félicité de cet appui, qui témoigne de l’excellence des relations qu\’entretiennent les États Unis d\’Amérique et le Cameroun, ainsi que de l’implication des deux pays dans la lutte concertée contre le terrorisme, dans la région du bassin du Lac Tchad.
Tout juste au lendemain de l’annonce de cette nouvelle, le Chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA, a reçu en audience au Palais de l’Unité, le Général David Rodriguez, Commandant de l’US Africa Command (Commandement américain en Afrique), venu faire avec la partie camerounaise, le point sur la situation sécuritaire dans la sous-région.
Le Général américain a réaffirmé à cte occasion,  la détermination des États-Unis à œuvrer aux côtés de notre pays, dans la guerre sans merci qu’il mène contre la horde criminelle et barbare Boko Haram. Il a tenu à saluer le courage et le professionnalisme des Forces de Défense et de Sécurité camerounaises dans la lutte contre  le groupe terroriste.
Le Général, Commandant de l’US Africa Command, s’est ensuite rendu auprès du Ministre Délégué à la Présidence, chargé de la Défense, pour signer avec lui, un mémorandum d’entente relatif à la mise à disposition d’un matériel militaire de pointe et à la formation des militaires camerounais à la gestion technique de ces nouveaux équipements.
Voilà donc, Mesdames, Messieurs les Journalistes, le contenu de la communication que je souhaitais vous délivrer ce jour.
Je vous remercie de votre aimable attention.

\"mincom1\"

Le Ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary était face à la presse nationale et internationale ce 17 septembre 2015 à Yaoundé(photo) pour réagir contre ce Rapport intitulé  \”Cameroun. Les Droits humains en ligne de mire. La lutte contre Boko Haram et ses conséquences\”. En intégralité la Déclaration du porte-parole du gouvernement.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Vous l’avez certainement suivi dans la journée d’hier, une mission de l’ONG Amnesty International a rendu public au cours d’une conférence de presse qu’elle a donnée ici même à Yaoundé, son rapport sur la problématique du respect du droit international humanitaire et des droits humains dans la lutte que notre pays mène contre l’organisation terroriste Boko Haram, à l’intérieur de notre territoire.

Je tiens à préciser d’entrée de jeu, que la mission d’Amnesty International s’est rendue au Cameroun avec l’accord du Gouvernement camerounais, que toutes les portes lui ont été ouvertes, qu’elle a été reçue par tous les acteurs gouvernementaux impliqués dans la problématique de leur agenda (le Ministre d’État, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, le Ministre Délégué à la Présidence chargé de la Défense ; le Ministre des Relations Extérieures, le Ministre de la Communication), et que les échanges que les membres de cette mission ont eus avec les responsables camerounais, se sont déroulés dans un esprit de dialogue, d’ouverture, de respect mutuel et de parfaite convivialité.

Néanmoins, en raison de la mise à l’index particulièrement insistante dont nos Forces de défense et de sécurité font l’objet du rapport publié à l’issue de leurs travaux, quant à ce que ses auteurs qualifient de graves violations du droit international humanitaire et des droits humains, du fait des militaires et policiers camerounais, le Gouvernement a jugé qu’il était utile d’apporter une réponse appropriée à ces accusations, tant elles nous ont semblé exagérées, et par endroits, manquer de fondement.

En substance, et quoique condamnant – j’allais dire du bout des lèvres – les atrocités commises par Boko Haram sur nos Forces de Défense et sur nos populations, Amnesty International accuse de manière péremptoire l’Armée camerounaise, je cite, « de crimes au regard du droit international et d’autres violations des droits humains».

Les Forces de Défense et de Sécurité camerounaises sont ainsi incriminées d’organiser des arrestations de masse, de perpétrer des exécutions sommaires, de recourir de manière excessive à la force, de pratiquer des disparitions forcées, de torturer et de donner la mort à des prisonniers ou à des présumés membres de Boko Haram.

De plus, Amnesty International s’insurge contre les conditions de détention des prisonniers Boko Haram dans nos prisons, ainsi qu’à la lenteur des procédures de jugement de ces mêmes Boko Haram devant les juridictions camerounaises.

En ce qui concerne d’une manière générale, la question de la prétendue violation délibérée des droits de l’Homme par nos soldats, je voudrais tout d’abord dire à l’adresse d’Amnesty International, que l’obligation du respect des droits de l’Homme, aussi bien en période de paix qu’en période de guerre, fait partie intégrante de la formation de nos Forces de Défense et de Sécurité ; et qu’à chaque fois qu’ils se sont retrouvés sur le terrain des opérations, les militaires et les policiers camerounais ont toujours su faire bon usage de ces enseignements.

Je voudrais aussi rappeler que l’État du Cameroun s’est doté d’instruments de droit au plan interne, et qu’il a librement ratifié tous les accords, conventions et traités internationaux relatifs au droit international humanitaire et aux droits humains.

Dans le cadre de la lutte que le Cameroun mène contre la horde criminelle et barbare de Boko Haram, le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, Chef de l’État, Chef des Armées, a particulièrement prescrit à nos Forces de Défense et de Sécurité, le respect scrupuleux de ces instruments de protection et de promotion des droits humains.

Ces très hautes prescriptions du Chef de la Nation, se traduisent par les dispositions suivantes, prises chaque fois que les circonstances l’exigent : dès leur interpellation, les suspects Boko Haram sont remis pour enquête à la gendarmerie nationale ; une fois l’enquête close, les suspects sont déférés devant le Commissaire du Gouvernement – c’est-à-dire le représentant du Parquet – près le tribunal militaire territorialement compétent, qui, lorsque les charges retenues contre ce suspect l’exigent, le place en garde à vue, dans les conditions prévues par le droit commun ; le Commissaire du Gouvernement prend ensuite un ordre de mise en jugement direct, qu’il soumet pour approbation au Ministre Délégué

à la Présidence chargé de la Défense ; une fois le projet d’ordre de mise en jugement approuvé, le dossier de l’affaire est remis au tribunal militaire territorialement compétent pour enrôlement ; durant le procès, les accusés ont droit à l’assistance des avocats de leur choix et à défaut, il leur est désigné des avocats d’office, dont les honoraires sont payés par l’État ; les débats se déroulent dans le strict respect des droits de la défense et à ce titre, les accusés ont le droit de produire devant le tribunal tout élément de nature à prouver leur innocence, lorsqu’ils ont plaidé non-coupable ; au terme du procès en instance, les accusés ont la possibilité, s’ils le souhaitent, de relever appel du jugement rendu à leur égard, dans les formes et délais prévus par la loi. Dans ce cas, ce sont les juridictions de droit commun qui sont compétentes à savoir, pour l’appel, la Cour d’Appel territorialement compétente, et en cas de pourvoi en cassation, la Cour Suprême.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

On peut donc aisément le constater : les mécanismes mis en place d’une manière générale ou en ce qui concerne particulièrement la lutte contre BokoHaram au Cameroun, ne laissent aucune possibilité à qui que ce soit – qu’il s’agisse des Forces de Défense et de Sécurité ou de la justice civile ou militaire – pour une violation impunie des droits humains.

Je voudrais prendre, juste à titre d’illustration, l’un des cas qu’évoque le rapport d’Amnesty International, et que cette ONG tient pour l’une des violations les plus extrêmes des droits de l’Homme, perpétrée par nos Forces de Défense et de Sécurité, dans leur lutte contre Boko Haram.

Amnesty International prétend à ce sujet que, je cite un extrait de son rapport : « Au moins 200 hommes et garçons avaient été arrêtés le 27 décembre 2014 dans les villages de MAGDÉMÉ et de DOUBLÉ lors d’une opération menée conjointement par l’armée, la police et la gendarmerie. Au moins huit personnes dont un enfant ont été tuées, plus de 70 bâtiments ont été incendiés et de nombreux biens ont été détruits. Le sort de la plupart des personnes arrêtées dans ces deux villages reste inconnu. Au moins 25 de ces hommes et garçons, voire plus, sont morts en détention dans une cellule improvisée la nuit de leur arrestation, tandis que 45 autres ont été emmenés et enregistrés à la prison de Maroua le lendemain (…). Près de neuf mois après ces faits, les responsables de l’enquête interne n’ont pas encore identifié les morts, révélé l’emplacement de leurs corps ni interrogé les principaux témoins », fin de citation.

En considérant ce cas pris en exemple par Amnesty International, on se rendra compte à quel point les enquêtes que ces chercheurs disent avoir menées, manquent à tout le moins d’objectivité.

Car, de fait, que s’est-il passé au cours de cette opération?

Face aux attaques à répétition menées par le groupe terroriste Boko Haram dans certaines zones de l’Extrême-nord, l’autorité administrative de céans et le haut commandement militaire territorialement compétent, avaient ordonné une série d’opérations de ratissage et de bouclage des axes routiers à travers les localités affectées par lesdites attaques, notamment la route nationale n°1 entre les villes de MORA et de KOUSSERI, avec un accent particulier dans les localités de MAGDÉMÉ et de DOUBLÉ.

Ces opérations de ratissage avaient abouti à l’interpellation de soixante-dix suspects, qui avaient ensuite été transférés à la Légion de Gendarmerie de Maroua, pour des besoins d’enquête approfondie.

Quatorze des personnes interpellées avaient alors été conduites dans les cellules de la Brigade territoriale de Maroua, tandis que les autres, soit cinquante-six, avaient été gardés à vue dans un local aménagé pour la circonstance à la Légion de Gendarmerie, en raison du fait que toutes les cellules de Gendarmerie, ainsi que les locaux de la prison centrale de Maroua étaient saturés.

Au petit matin du 28 décembre 2014, en ouvrant le local où avaient été enfermés les suspects la veille à la Légion de Gendarmerie, l’on a constaté que vingt-cinq de ces cinquante-six suspects avaient perdu la vie.

Le médecin légiste requis pour la circonstance, avait alors effectué des autopsies sur les dépouilles, avant d’en ordonner l’inhumation.

Les rapports d’autopsies délivrés par le médecin légiste avaient conclu à une mort, je cite : « Par intoxication chimique collective après ingestion de produits chimiques et traditionnels non identifiés, à cytolyse organique rapide », fin de citation. Je signale que médicalement, la cytolyse désigne la dissolution ou la destruction des cellules, qui peut intervenir, entre autres causes, à la suite d’une intoxication médicamenteuse.

Contrairement aux suspicions à peine voilées contenues dans le rapport d’Amnesty International, le décès de ces personnes ne pouvait donc être le fait de nos Forces de Défense et de Sécurité.

Quant aux 45 autres suspects Boko Haram interpellés à MAGDÉMÉ et à DOUBLÉ, ils sont actuellement détenus à la prison centrale de Maroua et poursuivis devant le tribunal militaire de céans, suivant l’ordre d’informer n°020/MINDEF/0252 du 16 février 2015. L’information judiciaire ouverte devant ce tribunal suit son cours.

La justice militaire s’est donc saisie de cette affaire. Elle continue ses investigations et se prononcera sur les responsabilités des uns et des autres, y compris le cas échéant, sur celles susceptibles ou non de concerner des membres des Forces de Défense et de Sécurité.

Quant aux lenteurs des procédures judiciaires également évoquées par le rapport d’Amnesty International, celles-ci ne concernent pas seulement les procédures dans lesquelles des suspects Boko Haram sont impliqués ; et d’une manière générale, le Gouvernement s’efforce de trouver des solutions pour une accélération des procédures pendantes devant les juridictions camerounaises.

Mais puisque Amnesty International ne semble préoccupé que par le cas des BokoHaram, nous lui faisons connaître que la loi n° 2014/028 du 23 décembre 2014 portant répression des actes terroristes, fait désormais fi de la phase de l’instruction, et qu’à la faveur de cette mesure qui leur est applicable, les suspects Boko Haram passent directement en jugement devant le tribunal compétent, évitant du même coup la phase souvent longue de l’instruction.

Ainsi, neuf mois après l’entrée en vigueur de cette loi, 30 jugements concernant 88 personnes ont déjà été rendus en cette matière par le tribunal militaire de Maroua.

Le rapport d’AmnestyInternational déplore par ailleurs les conditions de détention des prisonniers Boko Haram, notamment à la prison centrale de Maroua. Nous leur répondons qu’il n’y a pas de conditions spécifiques régissant la détention des prisonniers Boko Haram au Cameroun. Ces prisonniers sont logés à la même enseigne que tous les autres prisonniers et traités en tant que tels, comme de simples prisonniers de droit commun.

Le Gouvernement camerounais n’a jamais fait mystère de ce que la surpopulation carcérale constituait une de ses préoccupations majeures. Quoique détenues ou quoique condamnées à une peine privative de liberté, les personnes placées dans les pénitenciers camerounais ont le droit d’attendre leurs jugements ou de purger leurs peines en toute dignité.

À cet effet, le Gouvernement a entrepris, et ceci en dépit des contraintes budgétaires qui sont les siennes, la mise en œuvre d’un vaste programme de construction de nouvelles prisons et d’aménagement de celles existantes. Dans le même temps, il sera procédé au transfèrement des prisonniers incarcérés dans les pénitenciers surpeuplés, vers des prisons moins congestionnées.

Voilà donc, Mesdames, Messieurs les Journalistes, les réponses que nous pouvons apporter aux principaux axes des griefs contenus dans le rapport d’Amnesty International contre notre pays, dans la lutte qu’il mène en vue de l’éradication du groupe terroriste Boko Haram sur notre territoire.

Mais au total, je voudrais attirer l’attention de nos interlocuteurs soucieux de la protection des droits humains au bénéfice des bandes criminelles, sans foi ni loi, que constituent les membres du groupe terroriste BokoHaram, sur une méprise dont il faut bien se garder. Cette méprise concerne la considération que l’on a d’un État légitimement constitué, et en lutte contre des actes de violation et de destruction perpétrés par une organisation dont l’âme et la conscience sont d’essence exclusivement terroriste.

Je voudrais donc rappeler au bon souvenir d’Amnesty International ces mots du Président de la République Son Excellence Paul BIYA,auxquels, de manière assez paradoxale, cette ONG ne manque d’ailleurs pas de se référer elle-même dans son rapport sur le Cameroun, je cite : « La réalité est simple. Il y a d’un côté, le nôtre, les tenants d’une société moderne et tolérante, garantissant l’exercice des droits de l’homme, dont ceux de religion, ainsi que la démocratie représentative. De l’autre côté, c’est-à-dire du côté de BokoHaram et des mouvements qui lui ressemblent, il y a les partisans d’une société obscurantiste et tyrannique, sans considération aucune de la dignité humaine »,fin de citation.

BokoHaram n’est donc pas un État avec qui le Cameroun serait en guerre. BokoHaram est une organisation terroriste, au sens même où les définitions intellectuelles et internationales de ce péril à périmètre planétaire voudraient entendre le concept de terrorisme, à savoir « toute action […] qui a pour intention de causer la mort ou de graves blessures corporelles à des civils ou à des non-combattants, lorsque le but d\’un tel acte est, de par sa nature ou son contexte, d\’intimider une population, ou de forcer un gouvernement ou une organisation internationale à prendre une quelconque mesure ou à s\’en abstenir ».

Nous devons bien rappeler cette acception universelle du terrorisme. Car, il nous a semblé, pour la circonstance, qu’Amnesty International serait peut-être à la recherche d’arguments juridiques lui permettant de convoquer l’application du droit international et des droits humains à la situation qui prévaut dans la lutte armée menée contre BokoHaram par les quatre pays de la ligne de front, en l’occurrence, le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger. Amnesty International tenterait ainsi de faire passer des actes de terrorisme pour des actes de guerre conventionnelle, tels qu’organisés par les instruments internationaux en matière de préservation des droits reconnus aux armées ennemies et de protection des populations civiles.

C’est bien ce qui transparait de la synthèse du rapport que les représentants d’Amnesty International ont rendu public hier lors de leur conférence de presse, je cite : «Au vu des éléments de preuve réunis jusqu’à présent, Amnesty International estime qu’un conflit armé interne a lieu dans la région – ledit conflit s’avère être une extension de celui du nord du Nigeria – et que le droit international humanitaire et le droit de la guerre doivent par conséquent être appliqués », fin de citation.

Or, il est établi et cela conformément au droit international, que les actes de terrorisme ne sauraient être assimilés à des actes de guerre. Le terrorisme – et la communauté internationale s’est accordée sur ce fait – consiste à l’emploi de la terreur à des fins politiques, religieuses, idéologiques ou alors – et c’est bien là le cas de Boko Haram, à des fins crapuleuses, une crapule n’étant rien d’autre qu’un individu sans moralité, capable, sans aucun motif légitime, des pires bassesses et des atrocités les plus inimaginables.

L’agression dont le Cameroun est victime de la part de Boko Haram ne relève pas d’une guerre conventionnelle, pour laquelle il existe un cadre juridique précis au niveau international.

Ce cadre juridique , qui organise ce que certains conviennent d’appeler le droit de la guerre, est matérialisé par les Conventions de Genève et leurs Protocoles additionnels, considérés comme les principaux instruments internationaux situés au cœur du droit international humanitaire, c’est-à-dire, la branche du droit international qui régit la conduite des conflits armés et vise à limiter leurs conséquences.

Ces Conventions, ainsi que leurs Protocoles additionnels, protègent tout particulièrement les personnes qui ne participent pas aux hostilités (les civils, les membres du personnel sanitaire et religieux ou d’organisations humanitaires), ainsi que celles qui ne prennent plus part aux combats (les blessés, les malades, les naufragés et les prisonniers de guerre). C’est dans cette optique que les actes violant ce droit de la guerre sont qualifiés de crimes de guerre.

Il importe donc pour chacun de nous, de garder bien présent à l’esprit que les notions de terrorisme et d\’actes terroristes comme ceux perpétrés par Boko Haram,se situent en dehors du cadre juridique de la guerre conventionnelle et donc du droit de la guerre, tel que défini par la communauté des nations, notamment à travers les Conventions de Genève et leurs Protocoles additionnels.

Cela dit et bien compris, le Chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA, a décidé de combattre Boko Haram dans le strict respect des engagements nationaux et internationaux pris par le Cameroun, y compris ceux relatifs à la protection des droits humains. Et c’est dans le strict respect de ces engagements, que Boko Haram est aujourd’hui en passe d’être vaincu et réduit à néant.

Au moment où la Force Multinationale Mixte des pays de la ligne de front entre en scène, pour l’ultime assaut contre le dessein destructeur de Boko Haram, je voudrais à nouveau et au nom du Gouvernement, demander à nos populations de continuer d’apporter leur soutien inconditionnel et indéfectible à nos Forces de Défense et de Sécurité, toujours à l’avant-garde de la préservation de notre espace territorial, de la sécurité des biens et des personnes et du triomphe des idéaux de paix et de stabilité à travers le monde.

Toujours au nom du Gouvernement, j’en appelle à la vigilance plus accrue de nos populations et à une collaboration franche et étroite avec les autorités administratives et nos Forces de défense et de sécurité, afin de signaler et de dénoncer tout comportement ou attitude suspecte qu’ils pourraient noter autour d’eux, dans cette phase ultime du combat contre les bandes criminelles de BokoHaram.

Aux familles durement éprouvées par les pertes civiles et militaires de leurs proches, suite aux agressions et aux atrocités commises par BokoHaram sur notre territoire, je renouvelle les condoléances les plus attristées de Son Excellence Monsieur le Président de la République, au nom de qui je leur donne l’assurance que le sacrifice des leurs à qui la vie a été arrachée du fait de l’ignominie et de la cruauté de ces hordes barbares, ne sera pas vain.

Je voudrais également, au nom du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, Chef de l’État, Chef des Armées, réitérer à nos Forces de Défense et de Sécurité, l’engagement de la nation tout entière à leurs côtés, et exalter à nouveau ces valeurs de discipline, de bravoure, d’abnégation, de compétence, d’honneur et de fidélité aux Institutions de la République, qui leur ont valu de mettre en déroute les hordes criminelles de Boko Haram sur le terrain des combats, les réduisant aujourd’hui à perpétrer de lâches attentats-suicide contre des populations civiles, innocentes et désarmées, qui montrent bien que leurs jours sont désormais comptés.

À l’intention d’Amnesty International et des autres organisations de la société civile agissant sur le terrain de la promotion et de la protection des droits humains, je voudrais pour conclure, donner l’assurance que le Gouvernement camerounais sera, comme il l’a toujours été, ouvert à un dialogue constructif, au service de ce noble idéal que nous partageons tous.

Je vous remercie de votre aimable attention.

 

 

\"Mincom2\"

Face à la presse nationale et internationale hier 2 juillet 2015 à Yaoundé à la veille de l’arrivée au Cameroun du Président français François Hollande, le Ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary, porte parole du gouvernement, a dressé le bilan de la coopération entre le Cameroun et la France. Et des perspectives. Voici en intégralité sa déclaration. Un document très riche.

 

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Chers Invités,

Mesdames, Messieurs,

Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue à ce rendez-vous auquel je vous ai conviés, et je voudrais vous remercier pour votre prompte réaction.

Je voudrais à cette occasion, vous annoncer ce que vous saviez déjà depuis quelques jours, et de manière officielle depuis hier après-midi, avec la publication du communiqué signé du Ministre, Directeur du Cabinet Civil à cet effet, à savoir, la visite d’État que Son Excellence, Monsieur François Hollande, Président de la République Française, effectuera au Cameroun demain vendredi 3 juillet 2015, à l’invitation de son homologue camerounais, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Paul Biya.

Comme vous le savez aussi, il s’agit de la première visite que Monsieur François Hollande effectuera au Cameroun depuis son accession à la magistrature suprême de son pays en mai 2012.

Nous nous apprêtons donc à vivre un évènement de première importance dans l’histoire déjà très ancienne de la coopération qui lie notre pays à la France.

Le Président Hollande foulera pour la première fois le sol du Cameroun demain vendredi 3 juillet 2015. C’est un fait. Mais, ce ne sera pas la première fois que les deux Hommes d’État se rencontreront.

Depuis 2012 en effet, les Chefs d’État camerounais et français se sont retrouvés à sept reprises, à l’occasion desquelles ils ont eu d’intenses et fructueux échanges.

La visite d’État qu’effectuera le Président français au Cameroun va constituer la huitième de ces rencontres au sommet.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Au-delà du vécu politique des Présidents Paul Biya et François Hollande, nos deux pays entretiennent des relations à la fois anciennes, riches et diversifiées.

Le Cameroun et la France ont en effet établi des relations diplomatiques depuis 1960, et depuis lors, leur coopération n’a cessé de s’intensifier et de s’améliorer.

C’est au gré de cette coopération que la France a notamment joué un rôle déterminant dans la dynamique de sortie de crise du Cameroun au début des années 2000, dans le cadre de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE.

Depuis lors, le Contrat de Désendettement et de Développement (C2D), mis en mouvement par l’Agence Française de Développement –AFD- s’est révélé comme un outil stratégique de la coopération économique entre la France et le Cameroun, au moyen duquel de nombreux projets de développement parmi lesquels les plus structurants,ont vu le jour dans notre pays.

Dans le cadre du C2D en effet, la France s’est engagée à mettre à la disposition du Cameroun, une enveloppe de 710 milliards en 12 ans, dans les domaines des infrastructures, de l’éducation et de la santé.

Un premier C2D couvrant la période de 2006 à 2011avait été signé à cet effet par les deux parties, pour un montant de 352,7 milliards de francs CFA. Il s’inscrivait globalement, d’une part, dans la stratégie gouvernementale de réduction de la pauvreté, et d’autre part, dans le cadre de la coopération franco-camerounaise déclinée dans le Document Cadre de Partenariat, lui aussi signé entre les autorités françaises et camerounaises.

Afin de réorienter cet instrument de coopération par rapport aux objectifs du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi, la France et le Cameroun ont procédé à la signature le 1er juillet 2011, d’un C2D de deuxième génération, pour un montant de 326 millions d’euros, soit environ 214 milliards de francs CFA ; les secteurs prioritaires retenus étant : les infrastructures, l’éducation de base et la santé, ainsi que l’agriculture et l’environnement.

Au plan commercial, les échanges franco-camerounais ont connu un accroissement significatif ces dernières années, atteignant un taux de progression de 4,8% en 2013.

Au demeurant, la présence française dans l’économie camerounaise est parfaitement visible, avec plus d’une centaine de filiales d’entreprises et environ 200 entreprises appartenant à des ressortissants français, et employant plus de trente mille Camerounais.

Un autre volet de la coopération économique avec la France, est constitué par les prêts souverains et les prêts non-souverains mis en place entre le Cameroun et l’Agence Française de Développement (l’AFD). Certains de ces prêts sont combinés aux subventions du C2D.

Au total, qu’il s’agisse du C2D ou des prêts souverains et non souverains, plus d’une vingtaine de conventions de financement ont été signées entre 2011 et 2014, au bénéfice de nombreux projets structurants, parmi lesquels je citerai, sans être exhaustif : l’aménagement des accès Est et Ouest de la ville de Douala, la construction du deuxième pont sur le Wouri, la participation à la réalisation du projet hydro-électrique de Lom Pangar, le drainage fluvial de la ville de Douala, l’approvisionnement en eau potable dans les villes de Yaoundé, Bertoua et Ngaoundéré, le Programme d’Assainissement fluvial de la ville de Yaoundé (PADY), ou encore le programme C2D en faveur des capitales régionales Bertoua, Bafoussam et Garoua.

À cela, il faut ajouter d’autres projets en négociation, susceptibles de faire l’objet d’une convention de financement avec la France, avant la fin de l’année 2015.

Parmi eux, j’indiquerai : la construction de la voie de contournement Est de la ville de Yaoundé ; le fonds d’étude pour la construction et le développement du port en eau profonde de Limbe ; la construction de la route Batchenga-Ntui-Yoko-Tibati-Ngaoundéré ; la poursuite du projet capitales régionales Bafoussam, Bertoua, Garoua ; les aménagements complémentaires du deuxième pont sur le Wouri.

En termes de perspectives, il est envisagé la mobilisation par l’AFD d’une intervention financière de la France en faveur du Cameroun, pour un montant de 600 millions d’euros, soit environ 394 milliards de francs CFA, sur la période allant de 2015 à 2020, au titre des prêts souverains et du C2D de troisième génération actuellement en cours de finalisation.

En ce qui concerne la coopération en matière de défense et de sécurité, la France intervient traditionnellement auprès du Cameroun dans trois domaines : l’assistance en personnel, l’aide à la formation et l’aide matérielle.

À ce titre, l’on peut affirmer que le Cameroun est le premier partenaire de la France en matière de coopération de défense et de sécurité en Afrique.

En mai 2009, il a été signé entre le Cameroun et la France, un accord rénové de partenariat de défense, qui est entré en vigueur le 1er août 2012. Ce partenariat vise à soutenir en terre camerounaise, les mécanismes africains de sécurité collective au niveau régional et continental. Il porte principalement sur la formation, à travers les Écoles Nationales à Vocation Régionale (ENVR), le Pôle Aéronautique National à Vocation Régionale de Garoua (PANVR), le Cours Supérieur Inter-armée de Défense, l’École Internationale des Forces de Sécurité (EIFORCES) ou encore, le Centre de Perfectionnement aux Techniques de Maintien de l’Ordre (CPTMO).

Avec la tenue à Yaoundé de la première session des travaux du Comité de suivi de l’accord rénové de partenariat de défense le 27 avril 2014, des écoles de formation de premier plan telles que l’École Supérieure Internationale de Guerre de Yaoundé (ESIG), l’EIFORCES et l’Ecole d’Etat-Major (EEM) ont également bénéficié d’une aide logistique directe de la part de la France.

Sur le terrain strictement diplomatique, la coopération entre Paris et Yaoundé est exemplaire. Les positions entre les deux capitales sont similaires sur les grands sujets de l’actualité stratégique internationale, qu’il s’agisse de la lutte contre le terrorisme en général, et particulièrement sur la bande sahélo-sahélienne, de la lutte contre l’insécurité maritime ou plus proche de nous, les stratégies concertées pour réduire à néant les actes criminels de l’organisation terroriste Boko Haram.

Il faut encore mentionner que les deux pays se sont toujours soutenus mutuellement sur les grands sujets d’ordre international, et fait converger leurs positions diplomatiques, dans l’intérêt de chacunede leurs nations.

Comment ne pas se féliciter, une fois de plus, et de ce point de vue, de l’appui dont le Cameroun a notamment bénéficié de la part de la France, autant pour la mise en application de l’arrêt de la Cour Internationale de Justice ayant ordonné le retour à la souveraineté de notre pays sur la péninsule de Bakassi, que de son épilogue diplomatique, à travers la signature des accords de Greentree.

Au plan consulaire, environ 30 000 Camerounais vivent actuellement en France et plus de 12000 Français au Cameroun.

Au plan culturel, une convention de financement de 900 millions de francs CFA a été signée en 1998 à Yaoundé, pour développer les activités des associations culturelles non-institutionnelles, à partir des pôles régionaux que constituent les alliances franco-camerounaises.

Par ailleurs, plus de 7000 Camerounais étudient actuellement en France, et le Gouvernement français accorde régulièrement des bourses aux étudiants camerounais.

Dans le domaine de la recherche, le Cameroun bénéficie depuis 2012, d’un financement du C2D, pour un montant de plus de huit millions d’euros, soit environ 5 milliards 240 millions de francs CFA.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

On peut donc se rendre à l’évidence que les relations entre la France et le Cameroun sont excellentes, qu’elles sont au beau fixe, et que leur perspective est des plus prometteuses.

C’est sans doute à la fois ces acquis et ce devenir à la perfection et à l’amélioration des relations entre nos deux pays, que les Présidents Paul Biya du Cameroun et François Hollande de France, ont tenu à magnifier à travers la toute prochaine visite d’État du Président français au Cameroun.

Toutes les Camerounaises et tous les Camerounais doivent donc s’en réjouir, pour accompagner la volonté du Président Paul Biya, qui a bien voulu inviter son homologue français à se rendre dans notre pays, et à y célébrer avec le peuple camerounais, l’excellence de notre amitié et celle de la coopération entre nos deux pays.

Pour finir, je vous demande à vous, Mesdames, Messieurs les Journalistes de la presse camerounaise, de joindre de tout cœur, vos voix à cette célébration républicaine.

Je vous remercie de votre aimable attention.