\"minok\"

Face à la presse le 24 mai 2016 à Yaoundé, le Ministre de la Communication, Porte parole du Gouvernement,  Issa Tchiroma Bakary, a dénoncé le Rapport de cette ONG qui classe le Cameroun  dans la catégorie des pays « Pas libres du tout  ». Voici en intégralité la déclaration du gouvernement.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue à l’occasion de la présente rencontre au cours de laquelle nous allons nous entretenir sur des accusations dont le Cameroun fait l’objet, et ceci de manière récurrente, relativement à l’exercice des droits civils et politiques et des libertés publiques dans notre pays.

C’est notamment le cas, pour ne citer que l’un des plus récents, du rapport publié par l’ONG Freedom House, dans son édition 2016, sous le titre « Freedom in the World 2016. Anxious Dictators, Wavering Democracies: Global Freedom under Pressure ».

Dans cette édition, les faits allégués sur le Cameroun portent sur l’année 2015, mais d’autres rapports précédents émanant de la même ONG s’en prennent, et ceci de manière fort injuste, à notre pays sur cette même question.

Mais, permettez-moi, avant d’aborder le fond de mon propos, de vous exprimer toute ma gratitude pour avoir répondu aussi spontanément t à l’invitation que je vous ai adressée à cet effet.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Dans son rapport 2016, l’ONG Freedom House publie un classement de 195 pays à travers le monde à qui elle attribue un rang allant, s’agissant des populations de ces pays des appréciations de populations «libres », « partiellement libres », et « pas libres du tout ».

Et au gré de ce classement, les populations du Cameroun figurent dans la catégorie « pas libres du tout ».

Certains autres rapports traitant des mêmes questions pointent également du doigt notre pays pour ce qu’ils considèrent comme une inobservance chronique des droits civils et politiques, ainsi que des libertés publiques.

Le Gouvernement considère qu’un tel acharnement ne peut être le fait du simple hasard. Car, comment comprendre que des organisations, aussi variés et venant d’horizons divers, en viennent à chaque fois à conclure sur des contre-vérités aussi manifestes que celles contenues dans leurs différentes adresses ?

Est-ce en raison du parti pris des sources consultées par les auteurs de ces rapports ? Ou est-ce alors à cause du caractère univoque des choix de consultation des différentes sources possibles, étant entendu que seules les sources ayant un intérêt à biaiser la réalité auraient retenu l’attention des auteurs de ces différents rapports ? Ou encore, ne pourrait-on pas croire à un déficit d’investigation de la part des auteurs de ces mêmes rapports ? Pire mais tout à fait possible, serait-ce plutôt un choix délibéré des officines à l’origine de ces réquisitoires, de ne privilégier par des procédés inquisitoriaux, que des thèses accablantes contre nos Institutions ?

Quelle que soit l’hypothèse envisagée, et dès lors que les faits sont à un tel point altérés ou déformés, le Gouvernement ne peut rester impassible, tant le déni de réalité devient manifeste.

Vous comprenez que nous ayons donc tenu à rétablir la vérité des faits et à mettre à nu ces desseins de désinformation. Je voudrais pour ce faire présenter en gros, la situation du respect des droits de l’Homme au double plan des droits civils et politiques d’une part, et des libertés publiques d’autre part.

S’agissant tout d’abord des droits civils et politiques, je parlerai des aspects saillants qui, semble-t-il, intéressent le plus nos pourfendeurs, à savoir le processus électoral, le pluralisme et la participation politiques, ainsi que la gouvernance.

Parlant du processus électoral dans notre pays, qui comme vous les savez, se trouve être en rapport direct avec le pluralisme et la participation politiques, celui-ci s’est inscrit depuis le retour à la démocratie pluraliste, dans une parfaite dynamique d’amélioration allant dans le sens de l’équité, de la transparence et de la sincérité des votes.

Nous ferons avant tout remarquer à ce sujet, que la neutralité d’Elections Cameroon (ELECAM), organe indépendant chargé de la gestion du processus électoral et référendaire, ne fait point de doute, car elle est non seulement affirmée du point de vue des modalités juridiques ayant présidé à sa création, mais mieux encore, cette neutralité se manifeste chaque fois à l’occasion des actes qu’ELECAM pose dans l’exercice de sa charge.

L’importance des innovations majeures introduites avec succès dans l’organisation des élections au Cameroun, à l’instar de la biométrie, de la refonte des listes électorales en lieu et place d’une simple révision desdites listes, ou encore de la participation des Camerounais de l’Étranger à l’élection présidentielle, n’échappe à personne. Tout comme l’amélioration à la fois quantitative et qualitative du fichier électoral qui aujourd’hui compte plus de six millions d’électeurs régulièrement inscrits, constitue un indicateur de l’optimisation du processus électoral dans lequel notre pays s’est résolument inscrit.

La question de la gouvernance est quant à elle à mettre en rapport avec la protection de la fortune publique et la lutte contre la corruption, une préoccupation constante du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, depuis son accession à la magistrature suprême le 06 novembre 1982. Ce combat acharné contre les atteintes à la fortune publique s’est accru depuis quelques années.

Des structures administratives ont ainsi été créées en amont du processus de la répression, telles que la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC) ou encore l’Agence d’Investigation Financière (ANIF), en plus de l’organe administratif constitué par le Contrôle Supérieur de l’État.

Ces organes sont pris en relais en aval par les institutions judiciaires, dont certaines sont spécifiquement dédiées au contrôle de la gestion de la dépense publique et à la lutte contre les malversations sur la fortune publique.

C’est notamment le cas de la Chambre des Comptes de la Cour Suprême, du Tribunal Criminel Spécial, mais également de toutes les autres juridictions de l’ordre judiciaires, qu’il s’agisse de tribunaux de première et grande instances, des cours d’appel ou de la Cour Suprême.

Pour ne parler que du Tribunal Criminel Spécial, le nombre d’affaires pendantes devant cette juridiction n’a cessé de croître depuis sa création.

On est ainsi passé de 25 affaires en 2014 à 43 affaires en 2015 ; et le nombre de personnes poursuivies de 38 à 65 sur la même période. Dans le même temps, 31 personnes poursuivies ont été acquittées et 25 décisions d’arrêts des poursuites prononcées. Toujours en 2015, le montant des sommes réclamées par l’État se chiffrait à 4 milliards 587 millions 756 mille 658 francs CFA, et celui des sommes restituées à 552 millions 588 mille 642 francs CFA.

S’agissant des libertés publiques, nous parlerons plus particulièrement de la liberté d’expression et d’opinion, de la liberté de presse, de la liberté d’association et de réunion, de l’État de droit et des libertés individuelles.

Je voudrais avant toutes choses relever certains points qui procèdent de l’État de droit en ce qui concerne particulièrement la répression des actes de terrorisme.

Je souligne à ce sujet qu’en droite ligne de la stratégie de lutte mondiale contre le terrorisme, le respect des droits fondamentaux demeure l’une des valeurs structurantes de l’action du Cameroun dans la lutte contre ce fléau à l’échelle planétaire.

Ainsi, l’État du Cameroun, en ratifiant divers traités et accords en la matière, s’est fait l’obligation de respecter les engagements qui en découlent, et a, dans le prolongement de ces engagements, adopté une loi portant répression des actes de terrorisme, dont l’option de principe est celle des poursuites judiciaires dirigées contre des personnes suspectée de tels actes.

Ces personnes bénéficient des mêmes droits que les justiciables ordinaires, notamment la présomption d’innocence, les droits de la défense et les recours.

De plus, les poursuites engagées ne se soldent pas toujours par des condamnations systématiques. Je m’en vais vous donner ici quelques statistiques édifiantes à cet effet, à la date du 31 décembre 2015 : devant le Tribunal Militaire de Yaoundé, sur les trois décisions rendues à cette date, deux se sont soldées par des acquittements du chef de complicité d’actes de terrorisme et d’actes de cybercriminalité ; devant le Tribunal Militaire de Garoua, sur les 19 affaires pendantes à cette même date, deux décisions ont été rendues, dont l’une constatant l’extinction de l’action publique ; devant le Tribunal Militaire de Maroua, 209 procédures étaient instruites, parmi lesquelles 146 sont arrivées à terme avec 133 condamnations à mort, 11 condamnations à vie, deux condamnations à 20 ans d’emprisonnement, mais aussi 63 arrêts de poursuites et acquittements.

J’affirme donc ici qu’il n’existe à ce titre aucune exécution sommaire de personnes soupçonnées d’actes terroristes au Cameroun.

Je rappelle aussi que nos Forces de Défense et de Sécurité bénéficient d’une solide formation incluant la prise en compte du respect des droits de l’Homme dans l’exercice de leur métier et même en matière de lutte contre le terrorisme.

L’erreur étant humaine, lorsque des cas d’exactions sont notés, des procédures disciplinaires sont engagées à l’encontre de leurs auteurs qui, lorsque cela s’avère nécessaire, en répondent devant les juridictions compétentes.

On a par ailleurs lu ou entendu des récriminations adressées par nos contempteurs sur le non-respect de la liberté de la presse au Cameroun, où l’on dénombre pourtant en termes de pluralisme, des centaines d’organes de presse, plus d’une centaine de radios et plus d’une vingtaine de chaînes de télévisions, auxquels il faut ajouter un accès libre à l’Internet.

S’agissant de l’accès à l’information, on a ainsi entendu dire que les médias ou les journalistes de la presse privée ne seraient pas accrédités pour la couverture de certains grands événements à caractère officiel. Je vous laisse le loisir d’en juger par vous-mêmes et de vous faire une idée de la crédibilité de ces rapports qui accablent le Cameroun en matière de non-respect des droits de l’Homme.

Mieux encore, et même si on peut reconnaître que le niveau d’intervention de l’État auprès des médias à capitaux privés reste encore en deçà de son objectif minimal, il reste acquis que le Gouvernement a déjà souscrit à ce principe et que bon an, mal an, la presse privée bénéficie de l’effort national consenti aux dépenses d’intérêt général ; ceci dans le but de contribuer à sa viabilité économique et donc, au droit du public à l’information.

En ce qui concerne la liberté de réunion et de manifestation publiques, celle-ci est garantie par la loi. À ce titre, les réunions et les manifestations publiques ne sont soumises qu’au simple régime de la déclaration préalable.

Il importe donc de comprendre que le principe en la matière demeure la liberté de réunion et/ou de manifestation publiques, alors que l’interdiction en constitue l’exception.

Toutefois, même lorsqu’une manifestation ne fait l’objet d’aucune interdiction, les organisateurs de ces rencontres doivent s’en tenir à leur objet et leur lieu de déroulement tels que préalablement déclarés auprès des autorités compétentes.

D’une manière générale, les motifs retenus pour l’interdiction d’une réunion ou d’une manifestation publiques ne peuvent procéder que de la loi. Ces motifs ont du reste vocation à être connus de tous ceux qui prétendent à l’exercice du droit de réunion ou de manifestation publique. Ils concernent : l’absence de déclaration, les menaces avérées de troubles à l’ordre public, l’inexistence légale de l’organisation qui sollicite la tenue de l’événement public, le changement de l’objet initialement déclaré, le défaut de qualité du déclarant, le non-respect des délais légaux (la déclaration devant être faite trois jours francs au moins avant la tenue de la réunion ou de la manifestation). En tout état de cause toute interdiction est dûment motivée par l’autorité administrative, auteur de l’acte d’interdiction.

Il reste néanmoins qu’une telle mesure de restriction est susceptible d’un recours juridictionnel auprès des tribunaux administratifs compétents.

Nous remarquons cependant que nonobstant ce moyen légal de recours, la plupart des organisateurs de manifestation ou de réunions interdites, sans doute conscients de leurs propres turpitudes, préfèrent la voie détournée de l’agitation et de la désinformation par voie médiatique, à celle du rétablissement de leurs droits par des moyens judiciaires et donc, légaux.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Permettez-moi avant de terminer de vous tenir informé de ce que la plupart des organisations, auteurs de ces rapports sur l’exercice des droits de l’Homme dans notre pays, se soucient très peu de travailler avec les autorités de l’État en charge de la préservation et de la régulation de ces droits, préférant sans doute s’adresser à des bonimenteurs, bien placés à leur goût pour leur dire ce qu’elles souhaitent entendre.

Pour celles un peu plus scrupuleuses, qui de temps à autre, sollicitent des réponses ou une collaboration officielles du Gouvernement, elles les reçoivent toujours.

Mais grande est souvent la surprise de constater que jamais les contributions gouvernementales ne font l’objet d’une restitution au moment de la publication de leurs rapports.

Pire encore, ces rapports se suivent et se ressemblent toujours, comme si rien n’avait jamais évolué dans le paysage des droits de l’Homme au Cameroun ; ce qui trahit alors le parti pris et la volonté embusquée de leurs inspirateurs et de leurs comparses locaux de nuire aux intérêts et à l’image extérieure de notre pays.

Fort malencontreusement pour ceux-là, les Camerounais, dans leur écrasante majorité, ne sont jamais dupes de telles manœuvres qu’ils continueront de combattre avec la dernière énergie, résolument engagés qu’ils sont dans la mouvance de l’émergence conduite par le Chef de leur Nation, Son Excellence Paul BIYA.

Je vous remercie de votre attention.

 

\"minok\"

Face à la presse nationale et internationale, jeudi 14 janvier 2016 à Yaoundé, le Ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary a rendu publique la position du gouvernement aux accusations dirigées par certaines ONG des droits de l\’homme contre les Forces de défense et de sécurité camerounaises impliquées dans la lutte contre Boko Haram. En intégralité la déclaration du porte parole du gouvernement camerounais.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Chers Invités

Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue et je vous remercie d’avoir répondu à l’invitation que je vous ai adressée pour prendre part au présent échange, qui porte sur la situation sécuritaire dans la Région de l’Extrême-nord de notre pays.

En effet, le mercredi 13 janvier 2016, aux environs de 5h40, une attaque du groupe terroriste Boko Haram a été perpétrée dans l’enceinte d’une mosquée à Kouyapé, localité située non loin de l’arrondissement de Kolofata, dans le département du Mayo-Sava.

Au cours de cette attaque, un jeune homme non encore identifié se faisant passer pour un fidèle musulman, s’est introduit à l’intérieur de la mosquée et a actionné la charge explosive qu’il portait par devers lui, faisant 13 morts, y compris lui-même, et un blessé grave.

Quelques heures avant au cours de la nuit du 12 au 13 janvier, les éléments des Forces de Défense camerounaises avaient déjà repoussé une attaque armée de Boko Haram dans la même zone, faisant deux tués parmi les assaillants.

À titre de récapitulatif, depuis le début de l’année 2016, les statistiques officielles font état de 15 attaques terroristes perpétrées par Boko Haram contre les intérêts et les populations camerounaises sur le territoire national, au nombre desquelles deux attaques-suicide avec 10 personnes tuées, 11 blessés, 9 personnes enlevées et 6 cas d’incendies d’habitations et de concessions.

Ainsi :

  • Le 2 janvier 2016 vers 9h, une jeune fille s’est fait exploser à proximité du stade municipal de Kolofata dans le Mayo-Sava. Seule la kamikaze a péri dans cette explosion, après avoir reçue une flèche dans le dos, tirée par un membre de comité de vigilance local.
  • Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2016 vers 22h50, des terroristes de la horde criminelle de Boko Haram ont assiégé la localité de Mozogo dans l’arrondissement du Mayo-Moskota, département du Mayo-Tsanaga, tuant deux villageois et blessant un troisième, tout en pillant cases et boutiques et emportant du bétail et des biens matériels.
  • Au cours de la même nuit, Boko Haram a attaqué la localité frontalière de Kerawa dans le Mayo-Sava, arrachant vivres et biens matériels aux villageois.
  • Le 4 janvier 2016 dans l’après-midi, des assaillants de Boko Haram ont fait irruption dans le village de Talakachi dans le Mayo-Tsanaga, armés de fusils d’assaut et terrorisant les populations par des tirs nourris, en l’air pour une fois de plus, voler et emporter des biens matériels.
  • Dans la nuit du 4 au 5 janvier 2016 vers 22h, les mêmes assaillants ont attaqué le village d’Olamsao dans l’arrondissement de Makary ; bilan : un Camerounais tué, un blessé, 61 cases incendiées.
  • Au cours de la même nuit, une autre attaque du même genre a été lancée contre le village d’Ouro-Mari dans le même arrondissement. Cette attaque a échoué grâce à la prompte riposte des éléments du BIR de Fotokol.
  • Toujours dans la nuit du 4 au 5 janvier 2016 vers 22h20, la localité de Mozogo a été à nouveau assiégée par les mêmes criminels, faisant un mort et un blessé côté camerounais.
  • Encore dans la nuit du 4 au 5 janvier 2016, la localité de Kerawa a fait l’objet d’intenses pillages, avec vols de bétail et de denrées alimentaires.
  • Le 6 janvier 2016, le village d’Ashigashia dans le Mayo-Tsanaga a essuyé une énième attaque du groupe terroriste Boko Haram, qui s’est soldée par l’enlèvement de deux villageois camerounais.
  • Le 7 janvier 2016 vers 12h30, Boko Haram a encore attaqué la localité d’Ashigashia, tuant un villageois, emportant 45 bicyclettes, 30 porte-tout et 150 petits ruminants, avant d’enlever six autres villageois et les contraindre de conduire le bétail volé en territoire nigérian.
  • Le 8 janvier 2016 vers 5 h 45, un jeune garçon s’est introduit dans une mosquée de la localité de Gansé dans l’arrondissement de Kolofata, où il a actionné sa charge explosive. Fort heureusement, seul ce kamikaze a péri sur ce coup, mais sept fidèles camerounais qui étaient en train de prier ont été blessés.
  • Au cours de la même matinée, le village de Fima dans le Logone-et-Chari, a essuyé une agression de Boko Haram qui s’est soldée par le vol de 125 bœufs.
  • Dans la nuit du 8 au 9 janvier 2016, les terroristes Boko Haram ont attaqué le village de Goura près de Fotokol, tué un villageois, en blessant un autre et incendiant de nombreuses habitations.
  • Le 9 janvier 2016, d’autres incursions criminelles sont intervenues dans la localité d’Ashigashia, avec comme bilan, des pillages et des destructions de nombreuses habitations.
  • Le 10 janvier 2016 vers 16 h 30, le Chef de village de Fima a été égorgé avec deux de ses notables. Là encore, plusieurs concessions ont été pillées et incendiées.
  • Dans la nuit du 11 au 12 janvier 2016, réagissant à une attaque de Boko Haram, les membres du comité de vigilance de Fotokol ont réussi à neutraliser le chef Boko Haram de nationalité nigériane dénommé DJOGANA ALADJI ALI BOUKAR, près de la localité de Fima. L’intéressé a été ensuite remis aux éléments du BIR.

Tout ceci rien que sur une période de deux semaines à peine.

Depuis 2013 jusqu’en 2015, le recensement des actes d’enlèvements de personnes, y compris des enfants, organisés par Boko Haram sur notre territoire fait ressortir 2 enlèvements de personnes en 2013, 11 enlèvements en 2014 et 5 en 2015, soit au total sur cette période 18 enlèvements.

En 2014, 1 160 têtes de bétail ont été volées à nos populations par la horde criminelle et barbare Boko Haram.

En 2015, selon une estimation faite par Boko Haram lui-même, le nombre de bœufs volés en territoire camerounais s’élèverait à 4200, sans compter les petits ruminants.

En 2014, 37 attaques Boko Haram ont été perpétrées contre les unités des Forces de Défense camerounaises et 23 en 2015.

Toujours en 2015, 21 attaques ont visé les comités de vigilance.

Sur la même année, 28 attentats-kamikazes ont été enregistrés, et je le disais tantôt, pour ce tout début de l’année 2016, déjà 04 attentats de ce même type ont été perpétrés.

Quant aux populations civiles, elles ont subi 66 attaques et exactions diverses de la part de Boko Haram en 2014, 116 en 2015 et rien que sur les quinze premiers jours de 2016, 5 attaques et autres exactions ont été menées par ce groupe terroriste.

Depuis 2013, on aura dénombré dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, 315 incursions des terroristes Boko Haram, 12 accidents sur mines et 32 attentats-suicide du fait de ces mêmes criminels.

Au total, 1 098 civils camerounais, 67 de nos militaires et 03 de nos policiers ont, à ce jour, perdu la vie à la suite des agressions barbares dirigées contre notre pays par le groupe terroriste Boko Haram.

Voilà donc, Mesdames, Messieurs les Journalistes, résumé, le macabre tableau statistique de l’agression barbare dont le Cameroun paie le prix fort depuis 2013, du fait des attaques barbares et criminelles de l’organisation terroriste Boko Haram.

Face à un tel harcèlement à la fois gratuit et injustifié, nos Forces de Défense et de Sécurité ont su donner la réplique, infligeant de lourdes pertes à l’ennemi et lui faisant subir d’importants revers qui aujourd’hui, ont fini par l’affaiblir, au point de le réduire à des actes de couardise, tels que les attentats-suicide devenus son mode opératoire de prédilection.

C’est une fois de plus l’occasion d’exalter le courage, la détermination et l’efficacité de nos Forces de Défense et de Sécurité, soutenues en cela par la bravoure des comités de vigilance agissant auprès des autorités administratives, pour traquer et débusquer ces redoutables criminels, partout où ils pourraient se trouver sur le territoire national.

C’est en tout cas grâce à cette synergie d’efforts que, seul sur le front de guerre pendant plus de huit mois, avant d’être rejoint par d’autres pays voisins, le Cameroun est parvenu à préserver son intégrité territoriale face à l’envahisseur. Et la communauté internationale ne s’y est pas trompée, puisqu’elle a, répondant en cela à l’appel à une riposte globale lancé par le Chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA au début de l’année dernière, rejoint notre pays de manière multiforme dans le combat pour une éradication définitive du péril terroriste que représente le groupe criminel Boko Haram.

Comment comprendre alors que certains acteurs de la société civile nationale ou internationale aient choisi ce moment précis pour mettre notre pays, et particulièrement nos Forces de Défense et de Sécurité sur la sellette, en les accusant de toutes sortes d’exactions et de violations des droits de l’homme, dans la traque et la riposte qu’elles conduisent contre l’ennemi Boko Haram ?

En effet, certaines ONG – et parfois pas des moindres – intervenant en matière de défense des droits de l’Homme, semblent avoir choisi depuis un certain temps d’attaquer le Cameroun par des accusations toutes aussi grossières que fallacieuses, sur des actes qu’elles considèrent comme constituant de graves violations du droit international humanitaire et des droits humains, et dont nos militaires et policiers seraient les auteurs dans le combat qu’ils mènent contre Boko Haram.

Nos Forces de Défense et de Sécurité sont ainsi – et ceci de manière récurrente – accusées de commettre sur les personnes ennemies, et parfois sur les populations civiles, des crimes au regard du droit international et d’autres violations des droits humains, dans la mesure où, selon ces allégations, elles sont stigmatisées pour avoir coutume de procéder à des arrestations de masse, de perpétrer des exécutions sommaires, de recourir de manière excessive à la force, de pratiquer des disparitions forcées, de torturer et de donner la mort à des prisonniers ou à des présumés membres de Boko Haram.

Le Gouvernement ne peut rester insensible à un tel harcèlement du reste dénué de tout fondement, tant les allégations proférées revêtent un réel caractère de gravité et même d’indécence.

En même temps que le Gouvernement camerounais rejette totalement ces accusations, je voudrais rappeler à leurs auteurs, ces mots du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA prononcés lors de la Session Extraordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Afrique Centrale – le COPAX – qui s’était tenue le 16 février 2015 ici même à Yaoundé. Je le cite : « La réalité est simple. Il y a d’un côté, le nôtre, les tenants d’une société moderne et tolérante, garantissant l’exercice des droits de l’homme, dont ceux de religion, ainsi que la démocratie représentative. De l’autre côté, c’est-à-dire du côté de Boko Haram et des mouvements qui lui ressemblent, il y a les partisans d’une société obscurantiste et tyrannique, sans considération aucune de la dignité humaine », fin de citation.

Nous devons donc bien rappeler à l’intention de nos contempteurs que leur ardeur à défendre les droits humains ne doit pas les pousser à confondre le bourreau et la victime. Car, en l’espèce, les bourreaux, ce sont les criminels de Boko Haram, et la victime, c’est le peuple camerounais qui mène un combat légitime pour la protection de son espace territorial et la préservation de la paix et de la sécurité sur son territoire national.

Cela étant, il faudrait qu’il soit clair que ce n’est pas parce que nous faisons face à de tels barbares, que nous nous transformerions nous-mêmes en de vulgaires barbares.

Je voudrais donc dire à l’adresse de nos pourfendeurs sur la question du respect des droits de l’Homme par nos Forces de Défense et de Sécurité, que l’obligation du respect des droits humains, aussi bien en période de paix qu’en période de guerre, fait partie intégrante de la formation de nos Forces de Défense et de Sécurité ; et qu’à chaque fois qu’ils se sont retrouvées sur le terrain des opérations, les militaires et les policiers camerounais ont toujours su faire bon usage de ces enseignements.

Le professionnalisme, l’efficacité, la compétence et la probité des Forces de Défense et de Sécurité camerounaises constituent une référence au sein de la communauté des nations, au regard des satisfécits que leur accordent constamment des organisations internationales de premier plan telles que l’Organisation des Nations Unies ou l’Union Africaine pour ne citer que celles-là, et qui leur valent de participer chaque fois avec succès à de multiples contingents internationaux impliqués dans les opérations de maintien de la paix.

C’est en particulier le cas de la MINUSCA en RCA et des observateurs intervenant actuellement dans d’autres pays tels que le Mali, la Côte d’Ivoire, la République Démocratique du Congo ou le Soudan.

Le dire de la sorte, parce qu’il s’agit d’une réalité palpable, ne voudrait en aucun cas insinuer qu’il n’y aurait aucune bavure à relever en termes d’écarts de comportement chez nos militaires et policiers. Mais, lorsque de telles bavures ou tout autre manquement de même nature sont avérés en la matière, des voies de droit existent pour, soit sanctionner les fauteurs au plan disciplinaire, soit les traduire devant les juridictions compétentes pour qu’ils aient à répondre de leurs fautes conformément à la loi.

Les mêmes sources désinformatrices font par ailleurs état d’expulsions massives opérées par les autorités camerounaises, à l’encontre de réfugiés de nationalité nigériane ayant précédemment fui les zones de combat et les violences provoquées par Boko Haram en territoire nigérian.

Là encore, le Gouvernement rejette totalement ces autres allégations, la réalité étant toute autre. Car les personnes de nationalité nigériane dont il s’agit ici, ont toujours été accueillies avec hospitalité et convivialité sur notre territoire.

Mais au fur et à mesure que leurs zones d’habitation d’origine sont stabilisées en territoire nigérian, ces personnes sont alors reconduites dans leur pays et ceci, avec leur consentement et la collaboration des autorités nigérianes.

Le Chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA, a donné des instructions fermes et mis à disposition un soutien matériel et logistique approprié, pour que le convoiement de ces personnes vers leur pays, s’effectue dans les conditions de sécurité et de dignité optimales.

Aucune exaction, aucune brutalité, aucun traitement inhumain ne sont donc commis sur ces personnes, toutes heureuses de retrouver leur terre d’appartenance au Nigeria.

Cela étant, il est un fait que l’afflux de ces réfugiés à un moment donné sur le territoire camerounais aura mis à mal les capacités d’accueil disponibles.

À titre d’illustration, le Camp de Minawao dans l’Extrême-nord, prévu pour accueillir 18 000 réfugiés au maximum, en est aujourd’hui à 52 000.

 Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Comme nous pouvons le constater tous ensemble, les contre-vérités flagrantes exprimées par ces ONG et parfois relayées par certains médias internationaux notamment, la récurrence et la persistance de leur diffusion au sein de l’opinion publique, la gravité des accusations portées à l’encontre de nos institutions et en particulier de nos Forces de Défense et de Sécurité, au moment même où celles-ci portent l’estocade contre l’ennemi que représente le groupe terroriste Boko Haram, sont de nature à nous laisser pour le moins perplexes.

Et la question que l’on peut se poser, c’est de savoir ce que cache un tel acharnement.

Autrement dit, quel agenda caché y aurait-il derrière de telles manœuvres, tellement celles-ci apparaissent à la fois grossières et dénuées de tout fondement, mais en même temps opportunistes, parce qu’intervenant au moment même où notre pays doit faire face à une crise sécuritaire inédite dans son existence.

C’est donc le lieu d’en appeler plus que jamais à la vigilance de toutes les Camerounaises et de tous les Camerounais, à la mobilisation de tous et à un engagement collectif, sans réserve et sans faille derrière le Chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA, Chef des Armées, dans ce combat intrépide qu’il livre au nom de la nation tout entière, contre les forces du mal que représentent les terroristes de la horde criminelle Boko Haram.

Il s’agit ni plus ni moins, de faire bloc et de faire échec à toutes ces manœuvres de fragilisation de notre tissu national, et à ces tentatives protéiformes de déstabilisation du Cameroun qui, plus que jamais, doit demeurer ce havre de paix, ce sanctuaire d’unité et ce potentiel de prospérité et d’aspiration à l’émergence, que bien de pays lui envient à travers le monde.

Je vous remercie de votre aimable attention.