Un atelier organisé par la Coalition Camerounaise contre le tabac (C3T) avec le soutien du Consortium pour la Recherche Economique et Sociale (CRES) dans le cadre de son projet «contribuer à une amélioration des politiques publiques relatives au tabac pour une diminution  du tabagisme en Afrique de l’ouest et du centre », vient de se tenir dans la capitale Yaoundé. La lutte pour la réduction de la consommation du tabac en marche. Ce qu’il faut savoir.

Yaoundé la capitale du Cameroun a abrité lundi 28 juin 2021 un atelier de plaidoyer et de renforcement des capacités sur la taxation des produits de tabac et la lutte contre la shisha au Cameroun. L’objectif de ces travaux était de disséminer les résultats clés et recommandations de l’analyse situationnelle de taxation des produits du tabac au Cameroun, de présenter l’outil de simulation  sir la fiscalité des produits du tabac. Les participants issus des administrations publiques , du réseau des parlementaires engagés dans le contrôle du tabac, des medias et des organisations  de la société civile ont ainsi eu l’occasion  d’échanger sr les mesures de lutte contre la shisha et l’importance de l’adoption  d’une loi nationale pour le contrôle du tabac.

Au Cameroun, les taxes actuellement applicables sont très faibles et le gouvernement subit la pression de l’industrie avec leurs fallacieux arguments de création d’emplois et de taxation forte comme incitation à la contrebande des produits de tabac.  En matière de taxation des produits du tabac au Cameroun, il faut noter que les produits du tabac importés sont soumis à une taxe spécifique d’une valeur  de 5000 francs pour 1000 tiges de cigarettes. A ceci, il faut ajouter le Droit d’Accise qui est de 30% et la TVA fixée à 19,25%. En y ajoutant  les frais de Douane, le Cameroun reste encore en deçà  des mesures édictées par la Convention Cadre de l’OMS pour la Lutte Antitabac(CCLAT). La taxe doit représenter 70% du prix d’un bâton de cigarette

Judith Noel Chekumo

Selon Judith Noel Chekumo, Secrétaire Exécutive de la  Coalition camerounaise contre le tabac (C3T). « L’augmentation de la taxe sur le tabac est le moyen le plus efficace de réduire la consommation de tabac. Il est à fort impact et rentable. Lorsqu’elle est utilisée de manière stratégique, l’augmentation des taxes sur le tabac peut aider à couvrir le coût de l’usage du tabac dans une société et les revenus supplémentaires de la taxe peuvent être consacrés à la promotion de la santé ».

Prince Mpondo, facilitateur.

Bon à savoir, la consommation du tabac est l’une des plus graves menaces ayant jamais pesé sur la santé publique mondiale ; elle tue plus de 8 millions de personnes chaque  année dans le monde. Plus de 7 millions  d’entre elles sont des consommateurs ou d’anciens consommateurs, et environ 1,2 million des non-fumeurs  involontairement  exposés à la fumée. Près de 80% du 1,1 milliard de fumeurs que compte la planète vivent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, là où la charge  de morbidité et de moralité liée au tabac  est la plus lourde. Le tabac est le principal facteur de risque commun aux quatre principales Maladies Non Transmissibles telles que le Diabète, le Cancer, les Maladies respiratoires et les malades cardiovasculaires, l’hypertension artérielle, quo à leur tour tuent  chaque année 41 millions de personnes dans le monde. Il faut également souligner que le tabagisme contribue à la pauvreté en détournant vers les produits du tabac  des dépenses qui auraient  pu être consacrées par les ménages à des besoins essentiels  tels que  l’alimentation et le logement.

Le Consortium pour la Recherche Economique et Sociale(CRES), basé au Sénégal a réalisé, avec le soutien de la Fondation pour le Renforcement des Capacités  en Afrique(ACBF) au cours de l’année 2020, une étude sur l’état des lieux  de la taxation des produits du tabac au Cameroun. L’atelier de Yaoundé  offrait donc l’occasion aux experts nationaux  ayant conduit cette étude de vulgariser les résultats obtenus en vue d’une appropriation et d’adoption par les parties prenantes, les mesures adéquates pour un meilleur  contrôle du tabac au Cameroun.

Ericien Pascal Nguiamba

 

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